Les 59 Erreurs de Michael Moore

par David Kopel

2000 Election Night

Erreurs 1-2

Fahrenheit 9/11commence la nuit des élections en 2000. On voit tout d’abord Al Gore monter sur scène avec des musiciens connus et une foule très animée. Sur la pancarte apparaissant sur scène on peut lire « Florida Victory ». Moore crée l’impression que Gore fête sa victoire en Floride.

En vérité, cette réunion se déroule dans les premières heures du jour des élections, avant l’ouverture des urnes. Gore faisait campagne en Floride le jour du vote [ NdT : ce qui est interdit en France, d’où une compréhension biaisée pour les Français], mais rentra chez lui au Tennessee pour attendre les résultats. La pancarte « Florida Victory » reflète les espoirs de Gore, et non pas les résultats des élections. (« Gore Campaigns Into Election Day, » Associated Press, Nov. 7, 2000.)

Le film montre CBS et CNN indiquant que la Floride avait choisi Al Gore. D’après le narrateur, « Puis on remarque que Fox News indique que les résultats étaient en faveur de l’autre type….Tout à coup les autres chaînes se disent, ‘Hé, si Fox le dit, c’est que c’est vrai.’ »

On voit alors le porte-parole de NBC Tom Brokaw faire la déclaration suivante, « Toutes nos chaînes ont fait une erreur en plaçant la Floride dans le camp d’ Al Gore. Ce fut notre erreur. »

Ainsi Moore crée la fausse impression que les chaînes ont retiré leur affirmation à propos de la victoire de Gore en Floride au moment où elles remarquèrent que Fox donnait Bush vainqueur dans cet Etat.

En fait, les chaînes qui donnèrent la Floride à Gore le firent si tôt dans la soirée — avant même que les bureaux de vote soient fermés en Floride, qui appartient à la Central Time Zone [Ndt : aux USA, il y a 7 heures légales : Atlantique, Est, Central, Montagne, Ouest, Alaska et Hawaï, avec deux variantes : l'heure standard applicable en hiver et l'heure « de la lumière du jour » qui correspond à notre heure d'été puisqu'on l'applique en été en ajoutant une heure à l'heure standard]. NBC donne la Floride à Gore à 19:49:40 p.m., Eastern Time. C’est-à-dire 10 minutes avant la fermeture des bureaux de vote en Floride. Trente secondes plus tard, CBS donne la Floride à Gore. Et à 19:52, Foxdonne aussi la Floride à Gore. Moore n’informe jamais les spectateurs que Fox était parmi les chaînes ayant fait l’erreur de donner prématurément la victoire à Al Gore en Floride. Puis à 20:02 p.m., ABC donne la Floride à Gore. Seule ABC a attendu la fermeture des bureaux de vote en Floride.

A peu près 1 heure avant la fermeture des bureaux de vote en Floride, les chaînes donnent la victoire aux élections sénatoriales en faveur du candidat Démocrate. Les médias maquillent nettement la réalité car à 6-7 Central Time, ils annoncent plusieurs fois que les bureaux de vote sont fermés en Floride—alors que certains bureaux étaient encore ouverts dans certaines parties de l’Etat. (cf Joan Konner, James Risser & Ben Wattenberg, Television's Performance on Election Night 2000: A Report for CNN, Jan. 29, 2001.)

Les fausses déclarations sur la fermeture des bureaux de vote, tout comme les annonces prématurées (l’élection présidentielle 10 minutes avant ; les sénatoriales 1 heure avant), ont peut être coûté à Bush des centaines de voix dans les enclaves conservatrices, en décourageant les électeurs de dernière minute ayant entendu que leur Etat avait déjà fait son choix à aller voter; certains alors même qu’ils étaient sur la route pour aller voter, firent demi tour pour rentrer chez eux.. D’autres qui attendaient leur tour pour voter quittèrent même le bureau de vote. En Floride, comme partout, des électeurs arrivés au bureau de vote avant sa fermeture votèrent souvent après la fermeture, à cause des longues files d’attente. Les spécialistes de la politique savent très bien que les supporters du candidat perdant sont plus enclins à renoncer à voter si ils entendent que leur parti a perdu. Ainsi, le soir des élections en 1980, lorsque le Président sortant Jimmy Carter fit un discours défaitiste alors que les bureaux de vote étaient encore ouverts sur la cote Ouest. On reproche à ce discours prématuré d’avoir coûté aux Démocrates de nombreux sièges au Congrès dans l’Ouest, parmi lesquels celui du vétéran en politique (20 ans!) James Corman. Le fait que tous les medias aient donné à Reagan une victoire écrasante alors que la cote Ouest était encore en train de voter a une grande part dans l’échec des Démocrates à l’Ouest. Le Congrès avait même entendu des propositions au sujet de l’interdiction de révéler les résultats à la sortie des urnes avant que le vote ne soit terminé dans au moins 48 Etats contigus.

Même si les annonces télévisées prématurées ont affecté également les électeurs potentiels des deux camps, l’effet fut l’affaiblissement significatif des votes Républicains, car la Floride est avant tout un bastion Républicain. La plupart de la zone Central Time de Floride se trouve dans le 1er Congressional District, qu’on appelle parfois la « Redneck Riviera ». Dans ce district, Bob Dole avait battu Bill Clinton de 69.000 voix en 1996, alors que Clinton avait remporté l’Etat par 300,000 voix. La déception face aux résultats gagna toute cette partie de l’Etat, et par conséquent les votes Républicains baissèrent plus que les Démocrates. Une étude de 2001 par John Lott suggère que les annonces prématurées coûtèrent à Bush au moins 7.500 voix, et peut être beaucoup plus. Une autre étude montre que les médias ont provoqué la diminution du nombre de votant dans cette partie de l’Etat, perte d’environ 19000 électeurs, coûtant à Bush a peu près 12.000 voix pour 7.000 à Gore.

A 22:00, quelles chaînes sont les 1eres à se rétracter dans leur annonce de la victoire de Gore en Floride ? Il s’agit de CNN et CBS, pas du tout deFox. (Les deux chaînes ont agi sur décision commune de leurs directions.) Voir Linda Mason, Kathleen Francovic & Kathleen Hall Jamieson, « CBS News Coverage of Election Night 2000: Investigation, Analysis, Recommendations » (CBS News, Jan. 2001), pp. 12-25.)

En fait, Fox ne s'est pas rétractée dans son annonce que Gore avait gagné la Floride avant 2 a.m.--4 heures après que les autres chaînes aient retiré leur annonce.

Quatre heures plus tard, à 2:16 a.m., Fox projette Bush comme étant le gagnant en Floride, ce que feront les autres chaînes à 2:20 a.m.

A 3:59 a.m., CBS est la 1ere à se rétracter dans cette annonce de la victoire de Bush. Toutes les autres chaînes, même Fox, suivent CBS 8 minutes plus tard. Que les chaînes arrivent à des conclusions similaires en une très courte période n’est pas surprenant, parce qu’elles utilisent toutes la même base de données du Voter News Service (VNS). (Mason, et al. « CBS News Coverage. ») Comme le montre l’article de CBS, au cours de la soirée toutes les chaînes utilisent les données VNS pour annoncer les résultats des Etats, et ce même si le VNS n’a pas lui même encore fait l’annonce ; les annonces télévisées étant parfois faites des heures avant l’annonce du VNS.

La technique de présentation par Moore de la nuit des élections est caractéristique de son style : toutes les vidéos sont de vrais vidéos, et rien de ce qu’il dit, au sens restreint du terme, faux. Mais remarquez comment il dit : « Puis on remarque que Fox News indique que les résultats étaient en faveur de l’autre type… » L’impression créée est que Fox donne la Floride à Bush juste après que CBS et CNN aient annoncé la Floride pour Gore, et que Fox pousse les autres chaînes à changer (« Tout à coup les autres chaînes se disent, ‘Hé, si Fox le dit, c’est que c’est vrai.’ »)

C’est l’essence même de la technique de Moore: mélanger habilement des moitiés de vérité pour tromper le spectateur.

[Réponse de Moore : Sur la victoire en Floride, aucune. Sur les annonces des medias : fournit des citations des 1eres annonces incorrectes sur la victoire de Gore en Floride, aux alentours 20 Eastern Time, et sur l’annonce des chaînes, tard dans la nuit, de la victoire de Bush autour de 2:20 a.m. Ne mentionne pas la rétractation de l’annonce sur Gore pour la Floride à 22, ou que CBS était la 1ere à se rétracter.]

2000 Election Recount

Erreur 3

Comment Bush a-t-il gagné la Floride?

« En second lieu, assurez vous que votre directrice de campagne et aussi la femme qui va recompter les voix.« En réalité, la Secrétaire d’Etat de Floride Katherine Harris (qui était co-directrice de la campagne de Bush pour la Floride, et non « la directrice ») n’était pas « la femme qui a recompté les voix. » Le décompte des voix en Floride est effectué par les commissaires aux élections de chaque comté. La Secrétaire d’Etat de Floride authentifie simplement les votes. Le bureau ne compte pas les votes.

Un peu plus loin, Fahrenheit montre Jeffrey Toobin (un avocat qui officie parfois sur CNN) déclarant que si la Cour Suprême avait permis un 3e décompte après la date légale, « dans tous les scénarios envisageables, Gore gagnait les élections. »

Fahrenheit ne montre qu’un fragment de la remarque de Toobin sur CNN. Ce que Fahrenheit ne montre pas est que Toobin admet sur CNN que le seul scénario pour une victoire de Gore impliquait un type de décompte que Gore n’a jamais demandé dans ces différents procès, car violant les lois de l’Etat de Floride. La théorie de Toobin se base de plus sur les voix ré-attribuées (alors qu’elles sont clairement marquées comme allant au candidat Pat Buchanan) à Gore, bien qu’aucunes dispositions dans la loi de Floride ne permette d’estimer pour qui un électeur désirait »VRAIMENT » voter et a qui son vote pouvait être ré-attribué.

Une étude d’un consortium de titres de la presse écrite ( incluant le Miami Herald et USA Today) réfute l’affirmation de Fahrenheit selon laquelle Gore aurait gagné quel que soit le scénario. Comme le résume USA Today, le 11 mai 2001:

« Qui aurait gagné si Al Gore avait eu le décompte manuel qu’il réclamait dans 4 comtés ? Réponse : George W. Bush. »

« Qui aurait gagné si la Cour Suprême des Etats-Unis n’avait pas arrêté le recomptage manuel des sous-votes, c’est-à-dire les scrutins que les machines de décompte ne pouvaient pas lire ? Réponse: Bush, selon 3 modes de recomptage sur 4. »

« Qui aurait gagné si tous les votes contestables — parmi lesquels ceux rejetés par les machines car ayant plus d’un choix pour les présidentielles [Ndt : aux USA on vote pour plusieurs élections en même temps et en Floride, les bulletins étaient des cartes à poinçonner] — avaient été recomptés manuellement? Réponse : Bush, selon les 2 modes de recomptages les plus utilisés ; Gore, selon les 2 moins utilisés. »

Au cours de la controverse sur l’élection en Floride, les regards se sont focalisés sur les « sous-votes »—scrutins qui avaient été «disqualifiés » parce que les votants n’avaient pas bien indiqués un candidat en poinçonnant leur bulletin. Ceux qui recomptèrent tentèrent de discerner les intentions des votants dans ces bulletins imparfaitement marqués. Ainsi, si le bulletin avait un « bout de papier non détaché » [Ndt : « hanging chad »], un « recompteur » officiel pouvait décider que le votant voulait voter pour un candidat, mais n’avait pas réussi à bien poinçonner entièrement ; alors le « recompteur » décernait à ce candidat un vote à partir des scrutins « abîmés ». Gore recherchait les recomptages additionnels seulement dans ces sous-votes. Le seul scénario par lequel Gore aurait gagné la Floride aurait été qu’on ne recompte pas les « sur-votes »—c’est-à-dire les scrutins rejetés car le votant avait choisi plus d’un candidat (ou en cochant 2 noms ou en poinçonnant 2 noms ). La plupart des sur-votes récupérables étaient ceux où le votant avait poinçonné un n om (ou coché) et aussi écrit le nom du candidat sur la ligne en blanc. Les équipes de Gore ne cherchèrent jamais à faire recompter les « sur-votes », c’est pourquoi même si la Cour Suprême avait autorisé la continuation du recomptage des voix en Floride au-delà de la date légale, Bush aurait remporté le recomptage additionnel que Gore demandait.

Une étude séparée conduite par un autre consortium de la presse écrite incluant le New York Times et le Wall Street Journal montra que si il y avait eu un recompte dans tout l’Etat de Floride à la fois des sur-votes et des sous-votes, Gore l’aurait emporté selon 7 modes de recompte différents. Cependant, si il y avait eu des recomptes partiels selon les modes demandés par Gore ou ordonnés par la Cour Suprême de Floride, Bush l’aurait emporté à chaque fois.

Une enquête Internet très intéressante publiée par le New York Times permettait aux lecteurs de modifier les données comme ils l’entendaient: quel mode de décompte pour les scrutins, quel système de recomptage utiliser, et comment comptabiliser les « sur-votes ». Il est certainement possible selon certains scénarios de produire une victoire de Gore. Mais il est indéniablement malhonnête de dire, comme Farenheit le fait, que Gore aurait gagné dans tous les cas de figure.

Moore amplifie la tromperie avec un montage des titres de différents journaux, prétendant montrer que Gore avait vraiment gagné. Un article daté du 19 décembre 2001 a apparemment pour gros titre, « Les derniers recomptages en Floride montrent que Gore avait gagné L’élection. » L’article vient apparemment du The Pantagraph, un quotidien de Bloomington dans l’ Illinois. Mais, en réalité, le titre est tout simplement celui d’une lettre du courrier des lecteurs—pas une information. Ce titre du courrier des lecteurs a été délibérément agrandi pour le faire ressembler à un gros titre informatif. La vraie lettre imprimée ne ressemble en rien à l’ « article » fabriqué par Moore pour le film. La lettre est du 5 décembre, pas du 19 Décembre. The Pantagraph contacta le bureau de Moore pour lui demander des explications, mais ce dernier refusa de faire tous commentaires.

L’avocat du Pantagraph envoya aux distributeurs de Fahrenheit une lettre déclarant que l’utilisation par Moore du faux titre et de l’histoire n’était pas « autorisée », « trompeuse » et « non représentative des faits réels. » La lettre déclare que Moore enfreint le copyright de The Pantagraph, et réclame des excuses, une rectification, et des explications. Ces lettres demandent à Moore de « corriger l’information inexacte dépeinte dans [son] film. »

Les avocats de Moore ont répondu en affirmant qu’il n’y avait rien de trompeur dans ce titre fabriqué.

Richard Soderlund, un professeur d’Histoire de l4université de l’ Illinois, qui est l’auteur de la letter d’origine, a dit auChicago Tribune, « Ils ont dénaturé un document. Cela s’appelle falsifier l’Histoire ’’

[Réponse de Moore: cite les articles compatibles avec mes explications. Ne reconnaît pas que les seuls scénarios pour une victoire de Gore impliquaient des méthodes de recomptage que Gore n’a jamais réclamé dans ses procès. Dire aux spectateurs que Gore aurait gagné quels que soient les scénarios est absurde. Pas d’explications sur la fraude du Pantagaph.]

Florida Purge of Convicted Felons from Voter Rolls

Deceit 4

Selon Fahrenheit, les « copains » de Bush utilisèrent des technologies d’analyse des Bases de Données [Ndt : Data Base Technologies] pour éliminer les électeurs de Floride qui aurait pu voter pour Gore, et ces électeurs potentiels furent purgés des listes électorales sur la base de critères raciaux. (« Deuxièment, assurez vous que votre directrice de campagne est aussi celle qui recompte les votes. Et que son Etat a engagé une entreprise qui va virer des listes ceux qui ne sont pas décidés à voter pour vous. Vous pouvez aisément les reconnaître à la couleur de leur peau. ») Comme l’explique le Palm Beach Post, cette affirmation de Moore est extrêmement incomplète, et, sur au moins un point, complètement fausse.

Les élections municipales de 1998 à Miami furent un fiasco. Elles furent déclarées nulles par les Cours de Floride, parce que - en violation des lois de l' état de Floride – des criminels reconnus avaient eu le droit de vote. La législation de Floride ordonne à l’Exécutif de radier les criminels des listes électorales avant chaque élection. Suivant les instructions officielles de la Floride, les Data Base Technologies (DBT) doivent permettre de faire la chasse à tous les criminels reconnus qui sont inscrits illégalement sur les listes électorales de l’Etat.

Il se passa deux problèmes majeurs avec cette radiation. Tout d’abord, certains Etats permettent aux condamnés de voter une fois qu’ils ont effectués toute leur peine. Certains de ces ex-condamnés se sont installés en Floride et ont récupéré, grâce à une décision de justice, leur droit de vote. La Floride n’a pas correctement radié ces condamnés « immigrés ».

Ensuite, les efforts importants pour identifier tous ces condamnés amenèrent de nombreuses erreurs avec, par exemple, des gens qui, possédant le même nom que des condamnés, furent radiés par erreur. Les électeurs radiés furent, dans la plupart des cas, avertis plusieurs mois avant les élections et purent donc faire appel, mais la nécessité de déposer un dossier d’appel fut, en elle même, une barrière qui découragea quelques plaignants légitimes, des citoyens honnêtes qui ne purent voter. D’après le Palm Beach Post, au moins 1100 personnes furent radiées par erreur

L’énormité du nombre de radiations était bien connue en Floride bien avant les élections. Par conséquent, les responsables des élections dans 20 des comtés de Floride ne tinrent pas compte entièrement des listes de radiés. Dans ces comtés, des condamnés purent voter. De même toujours d’après Post, des centaines de criminels purent voter par erreur dans 20 autres comtés. L'analyse d’ Abigail Thernstrom et de Russell G. Redenbaugh, différant en cela du rapport de l’ U.S. Civil Rights Commission, suggère qu’environ 5,600 condamnés votèrent illégalement en Floride. (La différence avec l’analyse de Thernstrom/Redenbaugh explique pourquoi on doit donner peu de crédit au rapport « officiel », produit sans doute par des gens ignorant volontairement certaines données.)

Lorsqu’ils ont le droit de vote, les condamnés votent approximativement à 69 % pour les Démocrates, d’après l’ étude de l’ American Sociological Review. Par conséquent, si les centaines de condamnés des 20 comtés n’ayant pas tenu compte des radiations n’avait pas pu voter illégalement, les marges de Bush auraient été encore plus grandes.

Mais même au delà de cela, l’assertion de Moore selon laquelle les radiations furent faites selon des critères raciaux est indiscutablement fausse. Comme le montre le Palm Beach Post, toutes les preuves montrent que les Data Base Technologies n’utilisent pas les critères raciaux pour les radiations. En effet, le refus des DBT de prendre note des critères raciaux des électeurs est un des éléments à l’origine des nombreuses erreurs d’identité.

Les ordinateurs des DBT ont confondu certaines personnes avec des condamnés, bien que dans des dizaines de cas ils ne partageaient pas le même nom, ni la même date de naissance, ni le même sexe, ni la même origine raciale, etc …. Ni le compte rendu des enregistrements de l’ Etat, ni les e-mails internes des employés des DBT, ni les témoignages devant la commission des droits civils et un détachement spécial pour les élections ne purent montrer la preuve que les minorités étaient spécialement visées. Les enregistrements montrent que les DBT avait dit à l’Etat de ne pas utiliser la race comme critère d’identification des condamnés. La liste elle même se rapporte à cela: plus de 1,000 électeurs furent confondus avec des condamnés alors qu’ils n’étaient pas de la même origine raciale.

Les enregistrements des dossiers d’appel confirment les éléments trouvés du Palm Beach Post. Sur la base des chiffres du nombre d’ appels remportés, le nombre de Noirs radiés par erreur des listes électorales furent diminué : 5.1 % remportèrent l’appel. Des radiés Hispaniques, 8.7 %. Des radiés Blancs, 9.9 %. John R. Lott, Jr.,« Nonvoted Ballots and Discrimination in Florida, »Journal of Legal Studies, vol. 32 (Jan. 2003), p. 209. Bien entendu il est théoriquement possible que les responsables des appels aient pu faire preuve de discrimination envers les Noirs, ou que les radiés Noirs n’aient pas fait appel autant que ceux des autres races. Mais personne n’a apporté la preuve de ces possibilités.

[Réponse de Moore: cite plusieurs article sur la purge des condamnés. N'apporte aucunes preuves à sa déclaration affirmant que les électeurs étaient ciblés selon leur race ]

Bush Presidency before September 11

Erreur 5

Le film évoque une émeute anti-Bush à Washington, D.C., le jour de l’investiture de Bush. Moore déclare que les manifestants avaient »bombardé d’oeufs la limousine de Bush.« En réalité, il ne s’agit que d’ un seul oeuf, selon les sources de la BBC. D’après Moore, « Aucun président n’avait vécu ce genre d’événements le jour de son investiture« Selon CNN, Richard Nixon avait du faire face à ce genre de protestations en 1969 et 1973. D’après USA Today, les organisateurs de cette manifestation anti-Bush ont déclaré avoir réuni 20,000 personnes, alors que les manifestations anti-Nixon en1973 avaient réuni plus de 60,000 personnes. (USA Today, Jan. 20, 2001).

Moore dit, « Le plan qui prévoyait que Bush sorte de la limousine pour effectuer le traditionnel trajet à pied vers la Maison Blanche fut jeté à la poubelle ». Mais d'après la BBC, « M. Bush a ravi ses supporters en sortant de sa limousine et en faisant à pieds les derniers mètres de la parade, serrant des mains en compagnie de sa femme Laura ».

Moore poursuit: « Et les 8 mois qui suivirent ne furent pas meilleurs pour George W. Bush. Il ne pût nommer ses juges; il eut des difficultés à faire passer ses lois; et il perdit le contrôle Républicain du Sénat. Il commençait à chuter dans les sondages de popularité. »

Une partie de cela est vrai. Lorsque le Sénateur du Vermont, Jim Jeffords, quitta le Parti Républicain, les Démocrates contrôlèrent le Sénat, et essayèrent de gagner du temps pour confirmer la nomination de certains des juges que Bush avait nommé dans les cours fédérales.

Mais le Congrès adopta l’élément majeur du programme de Bush: la réduction massive des impôts. Durant l’ été, la Chambre des Représentants, contrôlée par les Républicains fit passer facilement beaucoup d’éléments du programme de Bush, parmi lesquels la loi qui reflète l’une des priorités du Président: « H.R. 1 », la loi sur l’ éducation « No Child Left Behind». Le sort des lois de Bush au Sénat contrôlé par les Démocrates, en août 2001, était incertain. En fin de compte le Sénat fit passer la loi « No Child Left Behind », mais certaines autres propositions de Bush ne passèrent pas.

Moore dit que Bush « commençait à plonger dans les sondages de satisfaction. » Cela n’est pas tout à fait exact, bien que je ne tienne pas cela pour un mensonge. De janvier à septembre 2001, la popularité de Bush dans les sondages variait très peu, entre 50 et 59%. Moore cite précisément un sondage du Christian Science Monitorqui donne 45 % d’opinions favorables à Bush le 5 septembre 2001, mais les résultats négatifs présentés ici ne sont pas représentatifs de l’opinion générale. Ce qui a vraiment changé pour Bush, dans les sondages, ce n’est pas que les taux de satisfaction plongeaient, mais que les taux d’insatisfaction augmentaient. Les sondages nationaux montraient que la différence satisfaits/insatisfaits était plus grande en janvier 2001 qu’à la fin de l’été 2001. Ainsi, dans le fond, Moore a raison quand il dit que les taux de satisfaction de Bush s’étaient détériorés, mais dans la forme, il se trompe.

« Il ressemblait déjà à un Président non réélu qui siège à titre provisoire jusqu'à l'instauration de son successeur. » Peut être dans l’imagination de Moore. Mais aucun commentateur sérieux n’avait fait ce genre de déclarations en 2001.

Bush est ensuite montré déclarant, « Une dictature ça serait quand même beaucoup plus simple, il n’y a pas photo. » Ce que Moore oublie de noter, pourtant, est que cette citation, du 26 juillet 2001, est une simple blague, comme l’était la déclaration de Moore dans Dude, Where's my Country?selon laquelle il n’avait pas eu de rapports sexuels avant l’ age de 32 ans.

Une autre blague de Bush est pourtant présentée comme une vraie blague, bien que le contexte (très important) soit absent. Presqu’à la fin du film, Bush parle à une audience en smoking. Il dit, « Je vous appelle les Riches et les Encore-plus-riches [Ndt : « I call you the haves and the have-mores », jeu de mots sur « the haves and the have-nots »,c’est-à-dire les riches et les pauvres]. Certains vous appelle l’élite ; Je vous appelle ma base. » La blague est suivie de plusieurs éléments dans lesquels Bush est accusé d’avoir commencé la guerre en Irak pour enrichir les businessmen. Du point de vue des spectateurs de Farenheit, Bush est en train de parler à un groupe inconnu de personnes riches. Ce discours est en fait celui du 19 Octobre 2000 au dîner de la Alfred E. Smith Memorial Foundation. Le dîner d’octobre 2000 était le 55e dîner annuel, qui permet de récolter tous les ans de l’argent pour les hôpitaux catholiques à New York. Les candidats Bush et Gore étaient les 2 invités d’honneur de cet événement, où les gens qui montent à la tribune, par tradition, sont amenés à se moquer d’eux-mêmes.

Gore plaisantât, « Le dîner du Al Smith représente une sainte et importante tradition, inventée, en fait, par moi même.» Parodiant sa promesse de mettre la Sécurité Sociale dans une « boite bien fermée«, Gore promit qu’il mettrait « Medicare dans un attaché-case bien fermé,« les fonds de la NASA dans un « sac Ziploc fermé hermétiquement» et garderait « toujours la laitue bien croquante.» ( Mary Ann Poust, « Presidential hopefuls Gore and Bush mix humor and politics at Al Smith Dinner, » Catholic New York, Oct. 26, 2000.) C’est pourquoi bien que Fahrenheit présente cette blague comme une preuve de l’ égoïsme de Bush, en réalité elle fait partie de l’action de Bush visant à trouver 1.6 million de dollars pour l’aide médicale des pauvres. Bien que certaines vérités soient dites dans ces plaisanteries, la blague de Bush n’était pas plus révélatrice de quoi que ce soit, que celle de Gore déclarant avoir fondé ce dîner en 1946, deux ans avant sa naissance.

[Réponse de Moore: cite les articles prédisant que Bush avait eu des problèmes avec le Congrès a propos des forages de l’Arctique, sur le financement des campagnes électorales et sur les œuvres de bienfaisance. Cite aussi un sondage californien dans lequel le pourcentage d’insatisfaction envers Bush est égal au pourcentage de satisfaction. Cite 2 ou 3 sondages supplémentaires, sélectionnant les pourcentages les plus bas pour Bush. Pas de réponses en ce qui concerne le dîner Alfred E. Smith.]

Bush Vacations

Deceits 6-7

Fahrenheit 9/11 annonce, « Au cours des 8 mois à son poste avant le 11 septembre 2001, George W. Bush a été en vacances, d’après le Washington Post, 42% du temps. »

Un peu avant le 9/11, le Posta calculé que Bush avait passé 42 % de sa présidence sur ses lieux de vacances ou sur la route pour aller en vacances, incluant 54 jours complets ou demi journées dans son ranch. Ce calcul, cependant, inclut les week-ends, ce que Moore ne mentionne pas. (Tom McNamee, « Just the facts on ‘Fahrenheit 9/11’ Chicago Sun-Times, June 28, 2004. See also: Mike Allen, « White House On the Range. Bush Retreats to Ranch for ‘Working Vacation’, » Washington Post, August 7, 2001 ).

Beaucoup de ces jours sont des journées de week-ends, et les séjours à Camp David incluent des visites de travail avec d’autres chefs d’Etats.

Scott Marquardt a examiné pour une semaine prise au hasard le détail des « vacances » de Bush en août 2001. Utilisant les documents publics du www.whitehouse.gov, voici ce qu’il trouva :

Lundi 20 aout :

Discours concernant le budget pendant une visite d’un lycée à Independence, Missouri.
Discours à la convention annuelle des Veterans of Foreign Wars in Milwaukee,Wisconsin.

Signature de six projet de loi.

Annonce de ses nominations pour les postes de Chief Financial Officer du Département de l ‘Agriculture, Assistant Secretary of the Army for Financial Management, membre de la Federal Housing Finance Board, Assistant Secretary of Labor for Disabled Employment Policy, représentant des Etats-Unis d’ Amérique à l’Assemblée Générale de l’ O.N.U.., et Assistant Administrator of the U.S. Agency for International Development for the Bureau of Humanitarian Response.

Discours aux ouvriers de l’usine Harley Davidson.
Dîner avec le gouverneur du Kansas Bill Graves, discussions politiques.

Mardi 21 août :

Réponse aux questions de la presse dans un magasin à Kansas City, Missouri.
Discussion avec le 1er ministre canadien Jean Chrétien sur le problème du libre-échange et des tarifs du bois canadiens.

Mercredi 22 aout :


Rencontres avec Karen Hughes, Condi Rice, et Josh Bolten, ainsi que d’autres collaborateurs.
Conférence avec le président du Mexique pendant 20 minutes au téléphone.Discussion sur la situation économique de l’Argentine et du rôle du Fonds Monétaire International pour l’apport d’une stabilité durable dans la région. Ils parlèrent aussi d’ immigration et du projet de visite de Fox à Washington.
Communications avec Margaret LaMontagne, qui mène une série de rencontres sur les politiques d’immigration.
Réalisation d’une ‘Mid-Session Review’, un résumé de la perspective économique pour la prochaine décennie, de la situation économique actuelle et du budget.

Annonce des futurs rendez-vous avec l’ambassadeur du Vietnam, et de diverses nominations : deux personnes à la Commission on Fine Arts, six à la Commission sur le futur de l' United States Aerospace Industry, trois à l’ Advisory Committee to the Pension Benefits Guaranty Corporation, un à la Board of Directors of the Corporation for Public Broadcasting, et un au National Endowments for the Arts.
Publication d’une résolution présidentielle ordonnant un retrait militaire de Tunisie.
Publication d’une réponse au sujet de la retraite de Jesse Helms.

Jeudi 23 aout :

Rencontre brève avec la Presse.
Visite de l’Ecole élémentaire de Crawford, réponses aux questions des élèves.

Vendredi 24 aout :


Des Officiels arrivent de Washington à 10:00 AM. Peu après, au cours d’une conférence de presse, Bush annonce que le Général Richard B. Myers devient le chef d’Etat Major de l’ensemble des Forces Armées et que le Général Pete Pac sera son adjoint. Il annonce aussi 14 autres nominations, ainsi que ses décisions pour le budget. A 11:30 AM, les officiels, les experts du National Security Council, le Secrétaire d’Etat à la Défense, et d’autres personnalités, rencontrent Bush pour poursuivre le compte rendu du processus stratégique de transformation militaire (les précédentes réunions s’étaient déroulées au Pentagone et à la Maison Blanche). La réunion se termine à 5:15.
Rencontre avec Andy Card et Karen Hughes, discussion a propos des questions de communication.
Publication d’une proclamation instituant le Women's Equality Day.

Samedi 25 aout :


Levé à 5:45 AM, lecture brève des journaux.
Briefing d’une heure avec la CIA et la Sécurité Nationale à 7:45
Message hebdomadaire au sujet du budget

En montrant un clip date du 25 août où l’on voit Bush expliqué à quel point il aime travailler dans son ranch, Moore annonce que « George Bush a passé le reste du mois d’août dans son ranch. » C’est faux comme le montre Scott Marquardt en étudiant les activités de Bush pour les jours suivants.

Dimanche 26 aout :

Discours aux Little League World Series à Williamsport, Pennsylvania.
Discours au U.S. Steel Group Steelworkers Picnic à Mon Valley Works, au sud est de Pittsburgh. Visite aux employés qui continuent à travailler et ne se trouvés pas au pique-nique.

C’est une belle semaine de travail, pour des « vacances ». Marquandt consulte ensuite les activités de Bush pour les 3 prochains jours :

- Déclaration instituant une zone hautement sinistrée en Ohio et ordonnant une aide fédérale pour les comtés de Brown, Butler, Clermont et Hamilton.
- Envoi d’un rapport de travail pour une « solution à la question de Chypre » au Speaker of the House et au Président de la Commission sénatoriale des Affaires Etrangères.
- Annonce de son intention de nommer Kathleen Burton Clarke comme Directeur du Bureau of Land Management (Département de l' Intérieur).
- Discours à la convention annuelle du 83e régiment à San Antonio, discussions sur les priorités de la Défense. Fin du service de l’avion Air Force One ayant effectué 444 missions depuis la présidence Nixon pour, finalement, faire un dernier voyage vers la cérémonie de « retraite » à Waco, Texas.
- Assister aux cérémonies du San Antonio Missions National Historical Park à San Antonio.
- Annonce de la nomination de 13 membres de la ‘Presidential Task Force to Improve Health Care Delivery for Our Nations Veterans’.

Dans un sens, il est vrai qu’être Président est un travail 24h sur 24, 7 jours sur 7. Mais cela ne veut pas dire qu’il doit travailler toutes les minutes ! Un vrai travail 24h sur 24, 7 jours sur 7, impliquerait qu’on puisse critiquer le fait que le Président passe 33% de son temps à dormir s’ il dormait 8 heures par nuit !

Christopher Hitchens note:

Les images le montrent « se relaxant à Camp David » au côté de Tony Blair. Je dis « montrent, » même si cette photo passe si brièvement à l’écran que si vous éternuez ou clignez des yeux, vous ne pourrez pas reconnaître l’autre personne. Une rencontre avec le Premier Ministre du Royaume Uni, ça ne fait pas tellement « jour de relâche » !

Le président est aussi montré dans un célèbre clip d’informations TV, sur un terrain de golf, faisant une réponse sérieuse à une question sur le terrorisme et ensuite demandant aux journalistes de regarder son drive… Et bien, voilà ce que ça donne de prendre le président sur un terrain de golf ! (Christopher Hitchens, « Unfairenheit 9/11: The lies of Michael Moore, » Slate.com, June 21, 2004. (Certains défenseurs de Moore ont dénoncé Hitchens comme étant membre d’une vaste conspiration de droite. Hitchens, pourtant, a écrit une nécrologie de Ronald Reagan rappelant que dans son entretien en tête a tête avec Reagan, suite à une question qui avait mis Reagan en colère : « Le célèbre sourire génial se transforma en un rictus de furie sénile: j’avais en face de moi un lézard.cruel et stupide» Hitchens a aussi écrit un livre et produit un film, The Trials of Henry Kissinger, demandant à ce que Kissinger soit jugé pour crimes de guerre.)

A propos, il est bon de préciser que le clip de Bush faisant un commentaire sur le terrorisme, puis frappant une balle de golf, est aussi pris en dehors de son contexte, au moins partiellement. En effet, dans FNC Special Report, avec Brit Hume, Brian Wilson a noté la manière dont « le spectateur est laissé avec l’ impression trompeuse que M. Bush parle des terroristes d’ Al-Qaeda.» Mais Wilson révèle que « en regardant l’intégralité des rushs ont se rend compte que le Président parle d’ une attaque contre Israël, par un kamikaze Palestinien. » « Cyberalert, » Media Research Center, July 1, 2004, item. 3.

Il est intéressant de noter, comme on peut le lire dans l ‘autobiographie de Bill Clinton intitulée Ma Vie, qu’en Novembre 1995. lorsque le Président Clinton apprend qu’on a tiré sur le 1er Ministre israélien Yitzhak Rabin, Clinton sort sur la pelouse de la Maison Blanche et tape dans des balles de golf en attendant de savoir si Rabin va survivre. Que Clinton joue au golf après avoir appris ce crime terrible en Israël ne voulait évidemment pas dire qu’il se moquait totalement de ce crime. Si une chaîne de télévision avait filmé ces images de Clinton frappant dans des balles de golf en cette nuit terrible, il aurait été facile pour un réalisateur hyper-partisan de les utiliser de façon déloyale contre Clinton.

Moore termine cette partie sur les vacances avec cette phrase : « Ce fut un été pour se souvenir. A la fin, il quitta le Texas pour son deuxième endroit préféré ». Le film montre alors Bush en Floride. En fait, il rentra ensuite à Washington, où il teint un discours le 31 août.

[Réponse de Moore: Cite exactement le Washington Post: « si vous ajoutez tous les week-ends à Camp David, ceux de repos à Kennebunkport et les allez retour qui vont avec, W. aura passé 42 % de sa présidence sur des lieux de vacances ou en route pour y aller ». N’essaye pas de défendre Fahrenheiten ce qui concerne la mauvaise interprétation des dires du Post. N’explique pas pourquoi le contexte israélien a été retiré de la citation de Bush. Ne défend pas sa fausse affirmation selon laquelle Bush quitta le Texas pour la Floride.]

Pre-9/11 Briefing

Deceits 8-10

Châtiant le Président prétendu fainéant, Moore dit : « Ou peut être aurait il dû lire le rapport de sécurité qu’on lui a donné le 6 août 2001 qui disait qu’ Ossama Ben Laden planifiait d’attaquer les Etats-Unis en détournant des avions ».

Moore ne fournit aucune preuve montrant que Bush n’aurait pas lu ce rapport, c’est une fabrication totale.

Moore laisse entendre que le Président Bush n’ a pas lu ce rapport parce que son titre était trop flou. Il montre alors Condoleezza Rice annonçant le titre du rapport : « Bin Laden Determined to Strike in U.S.» Ici, Moore manipule bien les spectateurs, en oubliant de préciser notamment que le témoignage de Condoleezza Rice à la Commission du 11 Septembre indiquait que le contenudu rapport était vague.

Pourtant, personne (sauf Moore) n’a jamais dit que Bush n’avait pas lu ce rapport, ou qu’il ne l’avait pas lu parce que le titre était trop vague. Condoleezza Rice a en fait dit en conférence de presse que les informations dans ce rapport était « très vagues. » National Security Advisor Holds Press Briefing, The White House, May 16, 2002.

Le contenu du document confirme la déclaration de Rice, et réfute l’ assertion de Moore selon laquelle « le rapport dit qu’ Ossama ben Laden préparait une attaque aux USA par détournement d’avions. » Le véritable rapport est très ambigu:

« Nous n’avons pas été capable de prouver la réalité de certaines des menaces rapportées les plus spectaculaires, telle que celle émanant du service [texte effacé] en 1998 nous disant que Bin Laden voulait détourner un avion américain pour faire libérer le « Cheik aveugle » ‘Umar’ Abd aI-Rahman et d’autres extrémistes détenus par les Etats-Unis.

Néanmoins, les informations du FBI de cette époque indiquent un schéma d’activités suspectes dans ce pays, qui permet de suspecter la préparation de détournements d’avions ou d’autres types d’attaques, comme par exemple la surveillance de bâtiments fédéraux à New York. »

(Certains lecteurs se demandent pourquoi ce court segment englobe trois erreurs. Les voici :

1. Bush n’aurait pas lu le mémo, 2. Que le titre du mémo soit pris comme une excuse pour ne pas lire ce mémo, 3. Oublier de dire que le mémo était ambigu, et que la menace d’un détournement d’avion était considérée par le FBI comme quelque chose d’« impossible à vérifier. »)

[Réponse de Moore: Reconnaît tacitement que Bush a lu le mémo du 6 août: « il était (à l’inverse du reste des américains) déjà au courant qu’ Ossama ben Laden préparait d’attaquer l’Amérique en détournant des avions, grâce au mémo du 6 août 2001 [August 6, 2001 Presidential Daily Brief (PDB)]. » Ne parle pas directement du mensonge de Fahrenheitdisant que Bush n’avait pas lu le PDB, ou du mensonge selon lequel Bush avait utilisé le caractère vague du titre du PDB comme excuse pour ne pas le lire. Cite précisément le PDB, sans reconnaître que celui ci était beaucoup plus équivoque que Fahrenheit ne le dit.]

September 11

Moore's changing positions

Fahrenheitprésente une séquence impressionnante sur les attaques du 11 Septembre. Pas de narration, et la musique rend bien l’atmosphère dramatique, tout en restant de bon goût. Les images sont les réactions des piétons, le souffle coupé, abasourdis, horrifiés.

On a critiqué Moore pour son utilisation des seules images des réactions, afin d’éviter habilement de montrer les images des avions s’engouffrant dans les tours ainsi que celles montrant certaines victimes se suicidant en sautant dans le vide. Même si cela est vrai, cette partie évoque tout de même efficacement l’horreur et l’atrocité que chaque être humain décent peut ressentir au vu des images du 11 Septembre.

Mais comme le rappelle l’ancien maire de New York Edward Koch, Moore a dit :

« Je ne sais pas pourquoi nous faisons autant de foin avec ces actes de terrorisme. On a trois fois plus de chances d’être touché par un éclair que de mourir d’un acte terroriste.»

Si il existe un contexte particulier qui pourrait expliquer cette phrase de Michael Moore, cela n’ a pas été précisé sur son site Web. Il semble invraisemblable que la « war room » de Moore ne soit pas au courant de cette critique très dure écrite par l’ancien maire Koch.

Le 1er commentaire publique de Moore après les attentats du 11 septembre a été pour se plaindre du fait que plus de Démocrates que de Républicains aient été tués :

« Si quelqu’un a fait ça pour toucher Bush, alors il a réussi en tuant des centaines de personnes qui n’avait pas voté pour lui ! Boston, New York, DC, et la destination des avions, la Californie—ce sont des endroits qui ont voté contre Bush!»

(La citation a été à l’origine postée comme le « Mike's Message » sur le site de Moore le 12 Septembre, mais a été effacé peu de temps après. Parmi les nombreux lieux où cette phrase de Moore a été répétée, on trouve The New Statesman, un magazine politique britannique de gauche.)

On peut ressentir de la grande sympathie pour une victime d’un éclair, mais on peut aussi se rendre compte que malgré tout, le « problème des éclairs », ne mérite pas autant de réactions. Fahrenheit présente le 11 Septembre comme une tragédie terrible (dans laquelle Moore a perdu un de ses amis et où beaucoup de gens ont perdu des êtres chers), et comme quelque chose qui mérite qu’on en parle. Sur ce dernier point, l’opinion présentée dans Fahrenheitne semble pas être la même que la véritable opinion de Moore.

[Réponse de Moore: aucune.]

Bush on September 11

Cheap Shot

Fahrenheit se moque du Président Bush qui continue à lire le livre « My Pet Goat» [ Ma Chèvre préférée ] à une classe d’enfants du primaire après avoir appris les attentats du 11 Septembre. En réalité, comme le rapporte The New Yorker, le livre était intitulé Reading Mastery 2, qui contient un exercice « The Pet Goat. » Le titre du livre n’est pas très important en soi, mais le titre inventé, Ma chèvre préférée, permet plus facilement de ridiculiser Bush..

Ce que Moore ne nous dit pas:

Gwendolyn Tose’-Rigell, la directrice de l’ Emma E. Booker Elementary School, trouve remarquable la réaction de Bush : « Je ne pense pas que quelqu’un aurait pu mieux réagir que ça (…) A quoi cela aurait il servi qu’il se lève d’un bond et qu’il sorte en courrant de la classe ? »…

Elle ajoute que la vidéo ne permet pas de se rendre compte de tout ce qui se passait dans la salle de classe, mais que la présence de Bush eut un effet apaisant et « nous a aidé dans cette journée très difficile. » « Sarasota principal defends Bush from ‘Fahrenheit 9/11’ portrayal, » Associated Press, June 24, 2004.

De même, alors que le Président savait qu’il était filmé, n’était il pas plus raisonnable d’attendre plutôt que de courir soudainement vers la porte ? Ce mouvement précipité aurait sans doute été diffusé en boucle à la télévision; quitter la classe rapidement aurait sans doute exacerbé le sentiment national de panique, et ce même si Bush s’était excusé calmement.

Moore ne donne aucune suggestion sur ce que le Président aurait du faire durant ces 7 minutes, plutôt que de rester calme dans l’intérêt de la classe et du public. Il ne prouve pas non plus que les événements du 11 septembre auraient pu se dérouler beaucoup mieux si le Président avait agi différemment. Je suis d’accord avec Lee Hamilton, le vice-président de la commission du 11 Septembre et ancien représentant démocrate de l’ Indiana: « Bush a pris la bonne décision en restant calme, en ne se précipitant pas hors de la classe. »

Du reste, comme cela est montré par le Washington Times, Ari Fleischer était au fond de la classe, montrant un bloc notes où était inscrit, « NE DITES RIEN POUR L’INSTANT. » Les Services Secrets auraient tres bien pu faire preuve de prudence en faisant sortir Bush, non seulement à cause des détournements, mais aussi,parce que le matin même, un homme originaire du Moyen Orient avait tenté d’approcher le Président en déclarant faussement qu’ il était journaliste et qu’une interview était prévue, en appelant un agent des Services Secrets par son nom.

[Réponse de Moore: Défend l’exactitude des faits de cette partie (ce que personne n’a jamais nié), à l’exception du titre du livre.]

Saudi Departures from United States

Erreurs 11-14

Moore joue le jeu classique consistant à dire une chose et à laisser entendre une autre lorsqu’il « explique » comment les membres de l’élite saoudienne ont pu quitter en avion les USA juste après le 11Septembre.

Si vous écoutez seulement ce que dit Moore pendant cette séquence —et que vous prenez attentivement des notes dans le noir—vous vous direz que ce qu’il dit est vrai. Lui et d’autres dans le film affirme que 142 saoudiens, dont 24 membres de la famille Ben Laden, ont pu quitter le pays après le 13 Septembre.

La date—13 septembre—est cruciale, parce que c’est exactement le moment où l’interdiction de tout trafic aérien au dessus des Etats-Unis pour raisons de sécurité a été adoucie.

Néanmoins, beaucoup de spectateurs quitteront la salle avec l’impression que les saoudiens, par traitement spécial accordé par la Maison Blanche, ont reçu l’autorisation de quitter le pays alors que tous les autres avions étaient cloués au sol. Cette fausse impression est créée par Moore, lorsqu’il mentionne la date 13 septembre, sans ajouter que l’interdiction totale de voler avait déjà été levée. Cette fausse impression est encore accentuée quand Moore montre le chanteur Ricky Martin faire les 100 pas dans un aéroport, et qu’il dit : « Même Ricky Martin ne peut pas voler. Mais en réalité, qui voudrait voler ? Personne. Sauf les Ben Laden.»

Mais le film oublie de mentionner que le FBI avait interrogé 30 des saoudiens avant qu’ils s’en aillent. Et la Commission indépendante sur les événements du 11 Septembre a signalé que « chacun des vols [qu’elle] avait étudié avait été analysé et inspecté de manière professionnelle avant son départ. »McNamee, Chicago Sun-Times.(Note: L’ article du Sun-Times est correct dans sa retranscription de la séquence de Ricky Martin, mais n’est pas tout à fait exact lorsqu’il reporte les termes utilises dans le film. J’ai replacé les citations exactes. Le 13 septembre, l’espace aérien des USA était rouvert pour un petit nombre de vols; les vols charters étaient autorisés, et les compagnies aériennes étaient autorisées à déplacer leurs avions dans de nouveaux aéroports pour recommencer à transporter des passagers à partir du 14 septembre.)

« Tapper: Votre film montre l’ancien patron de l’anti-terrorisme Richard Clarke, et vous l’utilisez pour critiquer l’administration Bush. Pourtant dans une autre partie du film, une qui apparaît même dans la bande annonce, vous critiquez les membres de l’administration Bush ayant pour vous permis aux membres de la famille Ben Laden de quitter le pays en avion presque immédiatement après le 11. Ce que le film ne montre pas c’est que Richard Clarke dit qu'il a autorisé ces vols. Est-ce juste de ne pas montrer cela ?

Moore: En fait, je le montre… Je mets l’article du New York Times et ça fait 12 mètres sur l’écran, on peut y voir le nom de Richard Clarke disant qu’il autorise les vols à partir des informations que lui donne le FBI. C’est juste là, sur l’écran. Je ne suis pas d’accord avec Richard Clarke à ce sujet. Ce n’est pas parce que je considère qu’il est bon sur de nombreux points que je suis toujours d’accord avec lui.» Jake Tapper interview with Michael Moore, ABC News, June 25, 2004.

Dans une interview de l' Associated Press, Clarke déclare qu’il est d’accord avec presque tout ce que Moore dit, mais que la partie sur le vol saoudien est une erreur. Clarke témoigne à la Commission du 11 Septembre, le 3 Septembre 2003, et affirme que laisser partir les saoudiens « était en décision prise en toute conscience après un compte rendu complet aux plus hautes instances du Département d’Etat, du FBI, et de la Maison Blanche. » Il est possible de lire les déclarations de Clarke en 2003 comme étant compatibles avec ses déclarations de 2004; si vous pensez que ce que dit Clarke aujourd’hui est en totale contradiction avec ce qu’il disait en 2003, alors Clarke est un menteur, et tout ce qu’il dit dans Fahrenheit est discrédité. Bien qu’il n’est pas réellement fait ces déclarations expressément pour Fahrenheit; comme le montre la National Public Radio:

« Je pense que Moore fait une montagne d’une taupinière, » dit il. D’ailleurs, ajoute M.Clarke, « il ne m’a jamais interviewé. » Au lieu de ça, M. Moore a simplement réutilisé un extrait d’une interview à ABC.

Fahrenheit montre brièvement une photo du New York Times date du 4 Sept., 2003, article titré « White House Approved Departures of Saudis after Sept. 11, Ex-Aide Says. » [NdT : La Maison Blanche approuve le départ de saoudiens après le 11 septembre, affirme un ancien conseiller] La caméra passe bien trop vite sur l’article pour qu’un spectateur ordinaire puisse bien lire les déclarations dans lesquelles Clarke affirme qu’il a approuvé ces vols …

Tout comme Clarke, la plupart des personnages politiques de Fahrenheit 9/11n’ont pas été filmés par Moore; il a utilisé des images prises par d’autres organismes. L’ Internet Movie Databaseliste 40 personnages publiques dans la « distribution » de Fahrenheit; 37 sont indiqués comme « images d’archives. »

Quelques Saoudiens quittèrent les USA par vol charter le 14 septembre, jour où les vols commerciaux reprirent, mais où les avions charters ordinaires étaient encore cloués au sol. A quelle date les Ben Laden partirent réellement ? Pas avant la semaine suivante, comme l’explique le rapport des membres de la Commission du 11 Septembre:

« Craignant les représailles contre la population saoudienne, le gouvernement saoudien a demandé de l’aide en permettant à certains de ses concitoyens de quitter le pays. Nous avons pu vérifier que cette demande avait été faite à M. Richard Clarke et que chacun des vols étudiés avait été contrôlé par le F.B.I de manière très professionnelle juste avant son départ.

Aucuns vols commerciaux, même les vols charters, n’ont été autorisés à rentrer, sortir ou traverser l’espace aérien des Etats-Unis jusqu’au 13 septembre 2001. Apres la réouverture de l’espace aérien, 6 vols charters, avec 142 personnes à leur bord, pour la plupart résidents de l’Arabie Saoudite, ont quitté les Etats-Unis entre le 14 septembre et le 24 septembre. Un seul vol, qu’on pourrait appelé le ‘vol Ben Laden’, a quitté les Etats-Unis le 20 septembre avec 26 passagers à son bord, la plupart d’entre eux étant des parents d’ Oussama Ben Ladin. Nous n’avons trouvé aucunes preuves crédibles qu’un vol charter avec des résidents saoudiens ait quitté le sol des Etats-Unis avant la réouverture de l’espace aérien national.

Les vols saoudiens ont été suivi sur les radars par des officiers veillant à l’application de la loi, appartenant principalement au FBI, afin de s’assurer que les passagers de ces vols ne pourraient en aucun cas menacer la sécurité nationale, et qu’aucune personne surveillé par le F.B.I. dans le cadre des enquêtes sur le 11 septembre ne pourrait quitter le pays. Trente de ces 142 personnes furent questionnées par le F.B.I., dont 22 des 26 passagers (23 passagers et 3 gardes du corps) du vol Ben Laden. Aucuns ne fit état de quelconques contacts récents avec Oussama Ben Laden ou d’une quelqu’une connaissance d’activités terroristes.

Le FBI vérifia de nombreuses bases de données sur les passagers du vol Ben Laden et fouilla l’appareil. Il n’est pas sur que la liste TIPOFF ( NdT : la liste du Département d’Etat qui recense les personnes dangereuses) ait été utilisée. A notre demande, le Terrorist Screening Center a recherché le nom de chacun des passagers de ces 6 vols saoudiens dans la liste TIPOFF actuelle. On n’y trouve rien.

Le FBI en a conclu que toutes les personnes qu’il avait interrogé étaient autorisées à partir après interrogatoires au sujet des attaques du 11septembre. A ce jour, nous n’avons trouvé aucune preuve contredisant ces conclusions.

Le rapport final de la Commission confirme que Clarke était la personnalité officielle la plus haut placée ayant pris la décision de laisser partir les saoudiens, et que cette décision de Clarke n’avait eu aucuns effets néfastes aux enquêtes sur le 11 septembre. Cfles pages 328-29 du Rapport.

Enfin, la phrase de Moore, « Mais en réalité, qui voudrait voler ? Personne. Sauf les Ben Laden., » est aussi un mensonge personnel. Se trouvant en Californie le 11 Septembre, Michael Moore rentra chez lui, à New York, en voiture. Le 14 Septembre, il écrit à ses fans « Notre fille va bien, même si elle était assez effrayé que je préfère rentrer en avion qu’en voiture». Moore cède aux demandes de sa femme et de sa fille, et rentre à New York en voiture. C’est donc vraiment hypocrite de la part de Moore de critiquer les saoudiens ( qui avaient tout de même légitimement peur de se faire attaquer par une population hostile et furieuse) juste parce qu’il voulait prendre l’avion pour rentrer chez eux, au même moment où lui-même voulait rentrer chez lui en avion.

(Erreurs: 1. Dates de départ des saoudiens 2. Omission de l’approbation de Richard Clarke pour ces départs, 3. Mensonge à Jake Tapper a propos du rôle de la manière dont Clarke est présenté dans le film 4. Moore lui même voulait prendre l’avion alors qu’il dit que seuls les Ben Laden le voulait.)

[Réponse de Moore : Fournit des citations montrant que « la Maison Blanche » a approuvé le départ des saoudiens; Ne cite pas la déclaration de Clarke disant qu’il était bien le membre de la « Maison Blanche » ayant approuvé ces départs. Ne répond pas aux déclarations de Clarke disant que le passage sur le départ des saoudiens dans Fahrenheit était « une erreur. » Fournit les dates exactes des départs des saoudiens ; Ne parle pas du fait que le film induit les spectateurs en erreurs sur le contexte de ces départs. Cite la Commission du 11 Septembre (qui dit que les interrogatoires étaient « détaillés » en même temps que d’autres sources, dont le National Review, qui dit qu’ils ne l’étaient pas … ).

Réponse de Moore mise à jour : Dans un impressionnant étalage de mensonges éhontés, Moore déclare que la Commission du 11 Septembre ayant montré que Clarke avait approuvé le départ des saoudiens et que cette décision ne venait pas de plus haut prouve que Fahrenheit est factuellement précis.]

Bush and James Bath

Deceits 15-16

Moore mentionne le fait que James Bath, le vieux camarade de Bush dans la Garde Nationale (devenu un des ses proches amis ), est devenu le gestionnaire financier de la famille Ben Laden. En disant que, [après que les Ben Laden aient investi sur Bath ], « James Bath à son tour investit sur George W. Bush», il insinue que Bath a investi l’argent de la famille Ben Laden dans Arbusto, l’entreprise en faillite de Bush. Il ne mentionne pas que Bath a dit qu’il avait investi son propre argent dans l’entreprise de Bush, et non pas celui de la famille Ben Laden. cf Matt Labash, « Un-Moored from Reality, » Weekly Standard, July 5, 2004. Voir aussi : Thomas Frank, « Film offers limited view, » Newsday, June 27, 2004; Michael Isikoff & Mark Hosenball, « More Distortions From Michael Moore. Some of the main points in ‘Fahrenheit 9/11’ really aren’t very fair at all, » MSNBC.com, June 30, 2004.

Moore pense marquer un gros point en montrant que le nom de James Bath a été noirci dans l’extrait des registres de la Garde Nationale fournit par la Maison Blanche. Mais cette « censure » aurait sans doute paru moins étrange si Moore avait révélé que la loi fédérale ( Health Insurance Portability and Accountability Act, HIPPA) demande à la Garde Nationale de noircir les noms des Gardes dont les informations médicales se trouvent sur les mêmes pages que celles publiées en rapport avec les bilans santé de George Bush. Dans le cas de Bath, il avait été suspendu pour ne pas s’être rendu à l’examen médical annuel. Ce que Moore présente comme une étrange volonté de cacher l’identité de James Bath était en fait un acte légal conforme à la loi fédérale.

Moore jubile : « Ce que Bush ne savait pas, c’est que j’avais déjà un exemplaire de ces rapports militaires – non censurés - que j’avais obtenu en 2000. » Moore veut nous donner l’ impression qu’il est un détective privé. En fait, les rapports ont été effectivement réalisés en 2000. Or la réglementation sur le secret du « Health Insurance Portability and Accountability Act (HIPAA) » n’a été mise en place que le 14 avril 2003, et ne s’appliquait donc pas à l’époque où les rapports des Gardes Nationaux ont été obtenus par Moore, c’est-à-dire en 2000.

[ Réponse de Moore: Montre que Bath et Bush étaient amis, ce qui n’a jamais été nié. Ne rappelle pas le fait que la censure du nom de Bath était requise par la nouvelle loi fédérale. Ne défend pas l’insinuation trompeuse selon laquelle Bath aurait investi l’argent des Ben Laden dans l’entreprise de Bush. Ne parle pas du fait que Craig Unger, dans son livre House of Bush, House of Saudrapporte le fait qu’aucune preuve n’a été trouvé que Bush ait utilisé l’argent des Ben Laden dans Arbusto.]

Bush and Prince Bandar

Deceit 17

Moore dénonce les relations intimes « embarrassantes » entre l’ambassadeur d’Arabie Saoudite, le Prince Bandar, et la famille Bush. Mais Moore n’explique pas que Bandar a été un agent de pouvoir à Washington pour les deux camps (démocrates et républicains) pendant des décennies, et que Bill Clinton a régulièrement pu compter sur Bandar pour mettre en œuvre sa propre politique au Moyen Orient. (Elsa Walsh, « The Prince. How the Saudi Ambassador became Washington’s indispensable operator, » The New Yorker, Mar. 24, 2003.)

L’ancien ambassadeur du Président Clinton en Arabie Saoudite, Wyche Fowler, gagne aujourd'hui très bien sa vie en tant qu’ « apologiste » du régime saoudien et comme directeur du Middle East Institute — une organisation de recherches largement financée par l’ Arabie Saoudite. (Joel Mowbray, « Feeding at the Saudi Trough, » Townhall.com, Oct. 1, 2003.) L'ancien Président Clinton a reçu $750,000 pour faire un discours en Arabie Saoudite, et les saoudiens ont fait un don, dont le montant est gardé secret (estimé entre $1 million et $20 million de dollars ), à la bibliothèque Clinton.

L’ancien Président Carter (qui était assis à côté de Moore à la Convention Démocrate de 2004) a rencontré dix des frères Ben Laden en 2000, et s’en est retourné avec $200,000 de dons des Ben Laden pour le Carter Center à Atlanta.

Je n’insinue pas du tout que M. Fowler ou l’ancien Président Carter sont corrompus. Je suis même sûr qu’ils sont honnêtes et sincères (même si, à mon avis, ils se trompent) dans leurs points de vue pro-saoudiens et anti-Israéliens. Je n’insinue pas non plus qu’il y est quelque chose d’illégal dans les grandes largesses des saoudiens envers l’ancien président Clinton. Ce qui est trompeur c’est que Moore ne s’intéresse au réseau d’influence saoudien que dans ses rapports avec la famille républicaine Bush, en ignorant sciemment que l’influence et l’argent saoudiens sont répandus dans les deux partis.

Harken Energy

Deceits 18-19

Bush a appartenu au conseil d’administration de l’ Harken Energy Company. Voici ce qu’on en dit dans Fahrenheit:

« Moore: Et oui, ça sert d’être le fils du Président... Tout particulièrement quand la « Securities and Exchange Commission » [Ndt: la SEC, en gros l’équivalent de notre C.O.B. (Commission des Opérations Boursières) ]enquête sur vous.
Présentateur TV: En 1990 quand M. Bush était actionnaire d’ Harken Energy, il reçut un mémo des avocats de la compagnie avertissant les actionnaires de ne pas vendre leurs actions s’ ils entendaient des informations négatives à propos de l’entreprise. Une semaine plus tard il vendit pour $848,000 d’actions Harken. Deux mois plus tard, Harken annonçait des pertes portent sur plus de $23 million de dollars.

Moore:…Bush a été innocenté par la SEC… »

Ce que Moore ne dit pas : Bush a vendu ses actions bien après avoir effectuer des vérifications en compagnie des avocats de la compagnie qui avait rédigé ce mémo. Ceux ci lui avait indiqué que la vente ne posait aucuns problèmes. La plupart des informations qui causèrent la chute en un trimestre des actions de Harken apparurent bien après que Bush ait vendu ses actions.

Malgré ce qu’en dit Moore, personne n’a jamais pu prouver la fraude dans cette vente. (Byron York, « The Facts About Bush and Harken. The president’s story holds up under scrutiny, » National Review Online, July 10, 2002.) Pour un compte rendu détaillé de l’ensemble des opérations boursières dans cette affaire, voir James Dunbar, « A Brief History of Bush, Harken and the SEC,« Center for Public Integrity, Oct. 16, 2002.

Carlyle Group

Deceits 20-22

Le film de Moore suggère que la famille Bush entretient des liens très étroits avec la famille Ben Laden — principalement par l’intermédiaire des relations de Bush père avec le groupe Carlyle, une firme privé d’investissements. Le père du Président, George H.W. Bush, était un haut conseiller de la filière Asie du groupe Carlyle jusqu’à encore récemment ; des membres de la famille Ben Laden — qui possède l’une des plus grandes entreprises de construction d’Arabie Saoudite — ont investi $2 million dans le groupe Carlyle. Bush Sr. et les Ben Laden ont donc des liens étroits à l’intérieur du groupe Carlyle, qui compte d’ailleurs nombre de personnalités issues des deux parties, dont l’ancien directeur de la SEC sous la présidence Clinton, Arthur Levitt. Le film cite l’écrivain Dan Briody déclarant que le groupe Carlyle « fit des profits» lors du 11 Septembre, parce qu’il possède United Defense, une entreprise en relation avec l’industrie militaire.

Le porte parole du groupe Carlyle Group, Chris Ullman, note qu’ United Defense tient effectivement une place particulière dans la clientèle de la Défense U.S., qui n’est pas mentionnée dans le film de Moore : leurs canons destinés à l’artillerie de l’Armée U.S., le système Crusader, coûtant plus de $11 milliards, est l’un des seuls programme annulés par l’administration Bush. Michael Isikoff, « Under the Hot Lights. Moore’s movie will make waves. But it’s a fine line between fact and fanaticism. Deconstructing ‘Fahrenheit 9/11. » Newsweek, June 28, 2004. (Isikoff semble faire erreur sur un point; le Crusader utilise ses propres munitions, et ne tire pas de roquettes.)

Moore réplique que l’omission de l’annulation du contrat Crusader est volontaire puisqu’elle s’est déroulée après l’offre publique initiale d’United Defense ( c’est-à-dire la vente des actions au public). Mais cette annulation eut un impact financier significatif sur le groupe Carlyle, puisque Carlyle possède toujours 47% d’United Defense. Moore nous dit aussi que quand Carlyle rendit United Defense publique, ils firent un profit de $237 million en une seule journée, mais avant cela, selon les règles du marché, la famille Ben Laden dû d’abord se retirer (Moore ne nous dit pas qu’il se sont retirés AVANT l’offre publique). Matt Labash, Weekly Standard.

Il y a un autre des actionnaires de Carlyle dont Moore ne révèle pas le nom : George Soros. (Oliver Burkeman & Julian Borger, « The Ex-Presidents’ Club, » The Guardian (London), Oct. 31, 2000.) Mais le fait que ce milliardaire férocement anti-Bush soit actionnaire du groupe Carlyle pourrait sans doute contredire la théorie simpliste de Moore sur la conspiration …

Moore prétend que les saoudiens ont donné 1.4 milliards de dollars aux Bush et à leurs associés. Moore tient ce chiffre de $1.4 milliards du livre du journaliste Craig Unger, « House of Bush, House of Saud. » A peu près 90 % de ce montant, c’est-à-dire $1.18 milliards, provient d’une seule source: des contrats établis au milieu des années 1990 passé par le gouvernement d’Arabie Saoudite auprès d’une société appartenant à la Défense U.S., BDM, pour l’entraînement des forces militaires saoudiennes et de la Garde Nationale. Et qui voit on derrière BDM ? La firme appartenait à l’époque au groupe Carlyle, le groupement privé où George H.W. Bush., le père de George W Bush, siège au conseil d’administration …

Le seul petit problème, selon le porte-parole de Carlyle, Chris Ullman, c’est que l’ancien président Bush n’a pas rejoint le conseil d’administration de Carlyle avant Avril 1998 – c’est-à-dire cinq mois après que Carlyle ait revendu BDM à une autre firme de défense. Isikoff & Hosenball, MSNBC.com. (Le texte complet de l’ article contient les contre-arguments de la « war room » de Moore, et les réponses de Isikoff and Hosenball. L’ équipe de Moore insiste sur le fait qu’ à l’ époque de l’investissement de $1.18 milliards des Ben Laden, des membres de la famille Bush siégeaient à Carlyle).

Craig Unger insiste aussi sur le fait que George H.W. Bush reçoit toujours des rapports quotidiens de la C.I.A. Comme le rappelle Unger, Bush en a tout à fait le droit, mais il est le seul ancien président à faire valoir ce droit. Le film suggère donc que Bush utilise les informations de la C.I.A pour faire fructifier ses propres affaires. On n’a aucun moyen, non seulement de savoir s’il le fait vraiment, mais aussi s’il est même possible qu’il le fasse. D’un autre coté, ce passage de Fahrenheit omet un fait très important qui pourrait apporter une autre explication : Bush fut directeur de la C.I.A. en 1976. Est ce vraiment si surprenant qu’il veuille suivre les activités de la C.I.A. après qu’il ait quitté son poste ? Un peu plus tôt dans le film, pourtant, Moore précise bien, au passage, que « le père de Bush était à la tête de la C.I.A. »

[Réponse de Moore: Fournit de longues citations sur Carlyle qui n’ont jamais été niées. Ne rappelle pas que des Démocrates et George Soros font aussi partie de Carlyle. Ne rappelle pas que l’administration Bush a sévèrement nuit à Carlyle en annulant le programme Crusader. Réitère ses réponses à Isikoff & Hosenball, selon lesquelles les amis de Bush siégeaient à Carlyle avant que George H.W. Bush y arrive.]

Alleged Bush-Saudi Conspiracy

Deceit 26

Moore s’ interroge : « Est il impoli de suggérer que quand la famille Bush se réveille, le matin, elle pense à ce qui serait bon pour les saoudiens au lieu de penser à ce qui serait bon pour vous ?».

Sa théorie d’une conspiration de l’alliance Bush/Saoudiens est pourtant contredite par de nombreux points précis :

Pourquoi les méchants saoudiens de Moore n’ont pas rejoints la « Coalition of the Willing » ? Pourquoi, au lieu de ça, ont-ils forcé les Etats-Unis à déménager leur quartier général militaire dans la région vers le Qatar? Si la famille Bush et la dynastie al-Saud sont si proches, comment se fait il que le régime le plus réactionnaire de cette région du globe n’ ait pas réussi à arrêter Bush lorsqu’il démolissait son régime « clone » à Kaboul et son régime « frère » à Bagdad? Les Saoudiens, comme en 1991, déteste l’idée que l’Irak puisse récupérer son industrie pétrolière, qui pourrait faire concurrence à la leur... Ils craignent aussi la libération des Chiites tant détestés. Pointer ces quelques éléments c’est voir s’écrouler l’édifice pathétique de la « théorie » du film. Hitchens, Slate.

Cela ne veut pas dire que les souhaits et les intérêts des décideurs saoudiens ne jouent pas un rôle bien trop important dans la politique étrangère américaine -- particulièrement dans le département d'état US, qui a notoirement aidé les dictatures arabes pro-U.S. pendant plusieurs décennies. J’aurai préféré que le Département d'Etat et beaucoup d'autres hommes politiques américains passent moins de temps à s'inquiéter de leurs relations amicales avec les gouvernements de l'Arabie Saoudite, de la Chine, et d'autres dictatures, qu’ à aider les peuples qui aspiraient à se libérer de ces dictatures. Mais se plaindre de l'inclinaison historique pro-Saoudienne de la politique étrangère des Etats-Unis, inclinaison qui est en partie le résultat des relations d'affaires étendues entre les deux pays, n'est pas la même chose que de proposer une théorie conspirationniste faisant de George Bush un outil servile utilisé par la famille Ben Laden

Il est intéressant de voir que Fahrenheitomet un des principaux méchants dans la grande théorie de la conspiration de Moore. Comme il l'a dit à son public à Liverpool, en Angleterre : « Ils sont tous à mettre dans le même panier, non ? Les compagnies pétrolières, Israël, Halliburton.» Les compagnies pétrolières et Halliburton sont bien les méchants mis en avant dans Fahrenheit, mais il n’ y a pas du tout de mention à Israël. A dire vrai, une citation de Bush au sujet de terrorisme en Israël est même coupée pour enlever la référence de l'Israël …

Que Moore ignore Israël dans Fahrenheitn’est pas sans doute pas étonnant, étant donné son intention affichée d'employer le film pour faire battre George Bush en novembre. La plupart des juifs américains sont des démocrates ; s'ils découvraient ce que Moore pense d 'Israël, ils pourraient être considérablement plus sceptiques au sujet des déclarations de Moore concernant les autres prétendus conspirateurs. (Moore est violemment anti-Israel ; Il a appelé les Etats-Unis à stopper toutes les aides à Israël, et à utiliser cette argent pour acheter des armes pour les Palestiniens. Son dernier livre, Dude, Where's My Country, est dédié à la mémoire de Rachel Corrie, une Américaine qui voyagea en Israël, brûla un drapeau Américain pour des enfants palestiniens, et fut activiste pour un groupe de soutien au terrorisme appelé l’ International Solidarity Movement (ISM). L’ ISM, dirigé par le Palestinian Communist Party, préconise l’extermination de l’ Etat d’ Israël. Elle mourut en essayant d’empêcher un bulldozer israélien de détruire un bosquet dont on pensait qu’il recouvrait des tunnels utilisés par des terroristes porteurs de bombes pour entrer en Israël. Ainsi Moore dédicace son livre à quelqu'un qui a délibérément cherché à aider le terrorisme et le meurtre de civils en Israël.)

[Réponse de Moore : Aucune]

Proposed Unocal Pipeline in Afghanistan

Deceits 27-30

Cette partie est introduite par cette question : « Ou alors la guerre en Afghanistan est motivée par quelque chose d’autre ?» Ce « quelque chose d’autre» est, nous dit–on, le pipeline d’Unocal.

Moore mentionne le fait que les Talibans visitèrent le Texas pendant que Bush était gouverneur de cet Etat, pour discuter avec Unocal d’un accord à propos d’un pipeline. Mais Moore ne dit pas qu’ils ne rencontrèrent jamais Bush, que les négociations échouèrent en 1998, alors qu’elles avaient été appuyées par l’ administration Clinton (Labash, Weekly Standard.)

Moore affirme que la guerre en Afghanistan a été conduite pour permettre à Unocal de construire un pipeline. En fait, Unocal rejette l’idée de cette construction dès août 1998.

(Jonathan Foreman, « Moore’s The Pity, » New York Post, June 23, 2004.)

En décembre 1997, une délégation des impitoyables dirigeants de l’Afghanistan, les Talibans, visita les Etats-Unis pour rencontrer une compagnie pétrolière très importante au Texas. Cette compagnie, Unocal, était intéressée par la possible construction d’une ligne de gaz naturel à travers l’ Afghanistan. Moore suggère que Bush, alors gouverneur du Texas, a rencontré cette délégation.

Mais, comme le montre le Gannett News Service, Bush n’a pas rencontré les représentants des Taliban, alors que des représentants de l’ administration Clinton se trouvaient au coté de ces Talibans. De plus, la visite de cette délégation s’est faite avec l’accord de l’ administration Clinton. McNamee, Chicago Sun-Times.

Quoiqu’il en soit, le projet de pipeline d’Unocal était entièrement une proposition datant de l’ère Clinton : en 1998, les Talibans durcissant leurs positions, la compagnie américaine laissa tomber les négociations. Au moment où George W. Bush entre en poste, il s’agit d’ une affaire classée— et cela ne faisait plus objet d’aucun lobbying à Washington. Isikoff & Hosenball, MSNBC.com.

Moore déclare faussement qu’« Enron tire des bénéfices de ce pipeline. » En vérité, Enron ne fait même pas parti du consortium ayant exprimé sa volonté de travailler avec Unocal sur ce projet de pipeline.

Le 9 décembre 2003, le nouveau gouvernement de l’ Afghanistan a signé un protocole avec le Turkménistan et le Pakistan pour faciliter le passage d’un pipeline. Il est évident que chaque gouvernement afghan (Taliban ou autre) chercherait rationnellement à augmenter le revenu qui pourrait être tiré d'un pipeline. Mais ce protocole visait simplement à attirer des sociétés pour construire un nouveau pipeline ; aucune société ne l’a accepté dans ses termes. De plus, le nouveau pipeline proposé ne ressemble en rien à la proposition échouée d'Unocal ; la nouvelle canalisation apporte le pétrole et le gaz du bassin de la mer Caspienne, tandis que la proposition d'Unocal partait de dépôts se trouvant cinq cent kilomètres plus loin, dans le Turkménistan oriental.

Fahrenheit montre des images de la construction du pipeline, mais ces images n’ont rien à voir avec le pipeline de la mer Caspienne, car aucune construction n'a commencé ! Elles n’ont rien à voir non plus avec le pipeline d’Unocal, qui n’a jamais existé que sur le papier.

D’après Fahrenheit, le nouveau Président de l’Afghanistan, Hamid Karzai, était un consultant d’ Unocal. C’est faux.( A lowdown on the facts behind the allegations in 'Fahrenheit 9/11', » Knight-Ridder newspapers, July 2, 2004.)

L’origine de cette fausse information semble être un article paru dans le journal français de centre-gauche Le Monde, daté du 6 décembre 2001. Cet article ne cite aucune source prouvant cette déclaration. (Cet article est disponible, moyennant finances, sur le site Le Monde)Unocal a nié le fait que Karzai ait un jour été un de leur consultant.

(Erreurs: 1. Le Gouverneur Bush n’a jamais rencontré les Talibans; 2. L’ idée d’un pipeline Unocal a été abandonnée; 3. le nouveau pipeline est différent de celui de la proposition d’ Unocal ; 4. La construction n’ a pas commencé. Erreur bonus: Enron.)

[ Réponse de Moore: A propos de Karzai, cite l’ article du Monde, et deux articles ultérieurs utilisant l’ « information » du Monde. La traduction de Moore donne ceci : « He was a consultant for the American oil company Unocal, while they studied the construction of a pipeline in Afghanistan. »[Ndt : « Il fut consultant de l’entreprise pétrolière Unocal à l’époque où celle-ci étudiait la construction d’un pipeline en Afghanistan. »] La phrase d’origine était : « Après Kaboul et l'Inde ou il a étudié le droit, il a parfait sa formation aux Etats-Unis ou il fut un moment consultant de l'entreprise pétrolière américaine Unocal, quand celle-ci étudiait la construction d'un oléduc en Afghanistan.» Ni Le Monde ni Moore n’ont fourni le moindre élément pour étoffer cette information sur Unocal et Karzai.

A propos d’ Enron, Moore cite le discours de 1997 d’un professeur, dans lequel celui ci dit qu’Enron serait intéresser pour aider la construction le pipeline d’Unocal. Il n'y a aucune raison de douter de ce professeur, mais le fait est qu'Enron n'était pas parmi les compagnies avec lesquelles Unocal a choisi de fonctionner. Il n’y a aucune preuve allant dans le sens de l’affirmation de Moore qu’Enron pourrait tirer profit du nouveau pipeline de la Mer Caspienne.

Moore n’essaie même pas de défendre les autres erreurs présentes dans cette section : qu ’ Unocal a abandonné le projet en 1998, que le protocole de 2003 met en place un pipeline tout à fait différent, et que les images du pipeline présente dans le film n’ont rien a voir ni avec les propositions de 1998 ni celles de 2003.]

Bush Administration Relationship with the Taliban

Deceit 31

Moore essaie aussi de dépeindre un Bush sympathique avec les Talibans qui gouvernaient l’ Afghanistan jusqu’à leur défaite face à la coalition menée par les USA, peu après le 11 septembre. Moore montre une visite aux USA d’un envoyé des Talibans, en mars 2001, en disant que l’administration Bush « accueille à bras ouvert » cette personnalité, Sayed Hashemi, « afin qu’il parcourt les Etats-Unis pour l’aider à améliorer l’image des Talibans. »

En vérité, Hashemi fut sévèrement reçu au Département d’Etat. L’ administration rejeta ces déclarations affirmant que les Talibans s’étaient conformés aux demandes américaines d’isoler Ossama Ben Laden et affirmèrent qu’ils ne reconnaissaient pas les Talibans :

« Nous ne reconnaissons aucun gouvernement en Afghanistan» dit le porte-parole du Département d’Etat Richard Boucher, au dernier jour de la visite. Frank, Newsday.

[Réponse de Moore : Cite quelques articles montrant qu’un Taliban a visité les Etats-Unis en 2001 pour appeler à la levée des sanctions contre son gouvernement. Ne montre aucune preuve que le Taliban fut « accueillit à bras ouverts » par l’ administration Bush. N’explique pas pourquoi Fahrenheit omet de présenter le fait que l’ administration Bush a repoussé toutes les demandes des Talibans.]

Moore Claimed that Osama bin Laden Might be Innocent and Opposed the Afghanistan War

Deceit 32

Fahrenheit 9/11tente de toutes les manières possibles de relier Ossama Ben Laden à George Bush. Moore déclare même que Bush a délibérément donné à Ben Laden « une avance de 2 mois » en n’envoyant pas assez rapidement suffisamment de troupes en Afghanistan (Sur HBO, Moore déclare explicitement que les USA protègent Ben Laden afin de ne pas déplaire aux Saoudiens.) Pourtant, Moore n’a pas toujours été aussi prompt à réclamer que la guerre en Afghanistan soit faite avec un maximum de forces afin de capturer Ben Laden :

A la fin de 2002, a peu près un an après l’attaque d’ Al-Qaida contre l’ Amérique, j’ai eu un débat public avec Michael Moore au Telluride Film Festival. Au cours de cet échange, il affirma son point de vue en disant qu’ Ossama Ben Laden devait être considéré comme innocent jusqu’à ce qu’on prouve sa culpabilité. C’est, dit – il, ainsi qu’on fait les choses en Amérique. L’ intervention en Afghanistan, affirmait-il, était, au moins pour cette raison, injustifiée. Quelque chose—je ne saurais dire quoi, puisque nous en savons autant alors que nous en savions aujourd’hui —a apparemment persuadé depuis monsieur Moore qu’ Ossama Ben Laden était coupable. A vrai dire, Ossama est soudain tellement coupable et si puissant que tous autres sujets de préoccupations est considéré comme une dangereuse « distraction » dans le combat contre cet ennemi. Hitchens, Slate.

Qu’ Ossama Ben Laden, s’il était capturé et traduit devant une Cour de justice américaine, se voit accorder la présomption d’innocence (la procédure devant alors chercher à prouver sa culpabilité ) ne signifie pas que les Etats-Unis doivent se sentir moralement empêchés de détruire sa base en Afghanistan et d'essayer de le capturer ou de le tuer sur la base de faits démontrant sa culpabilité.

Trois jours après le 11 Septembre, Moore demanda qu’ aucunes actions militaires ne soient menées contre l’ Afghanistan:

« Déclarer la guerre ? » A qui ? Un type dans le désert qu’apparemment on n’arrive pas à trouver ? Nos dirigeants seraient ils en train de nous dire que le pays le plus puissant du monde n’arrive pas à se débarrasser d’un simple sale petit enculé de type ? Parce que si c’est ce qu’ils sont en train de nous dire alors c’est qu’on s’est réellement bien fait baisés. Si ils sont incapables de choper cet ermite, ce clone de ZZ Top, qu’est ce qu’ils pourraient faire alors si nous étions attaqués par des millions de ces types ? Bonté divine, qu’ils appellent les Israéliens pour leur demander ce qu’ils font quand ils veulent choper un type ! On leur donne assez de milliard de dollars tous les ans, je suis CERTAIN qu’ils seraient heureux de satisfaire nos demandes …

Mais ne déclarer pas la guerre. Ne massacrer pas plus d’innocents. Après le dernier acte de terrorisme de Ben Laden, notre dernier président élu y est allé et a bombardé ce qu’il appelait « le camp de Ben Laden » en Afghanistan – mais à juste réussi à tuer des civils. »

Michael Moore, « War on Whom? » AlterNet, Sept. 14, 2001.

Le jour suivant, il écrivait:

« Croyez moi, ils discutent politique jour et nuit, et ces discussions vont avoir pour conséquence l’envoi de nos gosses se battre contre des ennemis invisibles ainsi que le bombardement, au hasard, des Afghans ou de n’importe qui d’autre, pourvu que ça plaise au peuple américain... j’ai peur de me retrouver bientôt dans une guerre où plus RIEN ne pourra nous protéger d’une autre attaque terroriste. « Mike's Message, » Sept. 15, 2001.

Bien que Moore se soient opposé de façon véhémente à la guerre en Afghanistan, Fahrenheit critique Bush de n’avoir pas envoyer plus tôt plus de troupes là bas …

Sommes nous moins en sécurité parce que les militaires US ont détruits les camps d’entraînement d’ Al Qaeda en Afghanistan, renversé un gouvernement qui faisait tout ce qu’ Al Qaeda lui demandait, et tué ou capturé les 2/3 du commandement d’ Al Qaeda ? Les thèses de Fahrenheit selon lesquelles la guerre d’ Afghanistan était uniquement pour le pipeline et pour distraire l’attention trop concentrée sur l’Arabie Saoudite sont inconsistantes lorsqu’on les confronte aux résultats réels de la guerre, bien connus de tous. Un patriote sincère pouvait s’opposer à la guerre en Afghanistan pour de multiples raisons, comme par exemple la peur qu’une invasion puisse exacerber plus encore les sentiments anti-Américains. Mais la seule raison qu’offre Fahrenheitpour s’opposer à la guerre est son affirmation que trop peu de forces furent employées aux premières heures du conflit (critique d’ailleurs contraire à la position de Moore en 2001, qui était qu’il ne fallait envoyer aucunesforces ), ainsi que l’affirmation, factuellement et objectivement indéfendable, que cette guerre n’a ni aidé la sécurité de l’ Amérique, ni nuit aux terroristes.

[Réponse de Moore : aucune.]

Afghanistan after Liberation

Deceit 33

Lorsque l’on observe quels faits ont été délibérément laissés de côté, que voit on ? Qu’ une armée afghane est en train de se construire, que le pays est aujourd’hui conjointement sous la responsabilité de l’OTAN et que, de cette manière, il se trouve sous la protection de la plus grande coalition militaire de tous les temps. Qu’il a une nouvelle Constitution et qu’il prépare des élections générales, et ce malgré de nombreuses difficultés. Qu’au moins 1,5 millions de réfugiés ont décidé d’ y retourner … Une autoroute allant de Kaboul à Kandahar—assurance contre les « seigneurs de la guerre » et condition de la reconstruction du pays— sera prochainement achevée malgré des travaux infiniment risqués. On découvre aussi que les parties afghans de la gauche laïque— comme ceux de la gauche laïque irakienne — sont profondément en faveur d’un changement de régime.Mais ce n’est pas le genre d’ironie de l’Histoire que Moore a choisi de mettre en avant. Hitchens, Slate.

[ NdT : Même Libération admet que «L'Afghanistan devient un pays normal» ! ]

[Réponse de Moore: aucune]

Cooperation with 9/11 Commission

Deceit 34

[Avant toutes choses, n'hésitez pas à visiter le site officiel de la Commission du 11 septembre, et surtout à lire le rapport de la commission que vous pourrez trouver en librairie ou téléchargeable ( au format PDF) ici. ]

Moore: « Mais lorsque le Congrès eut terminé ses propres enquêtes, la Maison Blanche de Bush censura 28 pages du rapport. »

Reporter: « Le président est pressé de toutes parts pour déclassifier le rapport. Des officiels US ont dit à NBC News que la plupart des secrets ont un rapport avec l’ Arabie Saoudite.
Président Bush: nous avons collaboré de façon extraordinaire avec les présidents Kean et Hamilton. »
Président de la Commission Thomas H. Kean: « Nous n’avons pas eu tous les éléments souhaités, et nous ne les aurons certainement pas en temps voulu. Les délais que nous nous étions donnés sont dépassés.»

Bravo à Moore pour avoir pointer cette censure de 28 pages. Il est possible que cette censure ait été nécessaire afin de protéger des sources confidentielles, mais il est aussi probable qu’au moins une partie de cette censure soit illégitime, et soit le résultat d’une surprotection des saoudiens par la Maison Blanche. Comme nous l’avons dit plus tôt, Moore est en droit de dénoncer l’influence excessive des saoudiens aux U.S.A.. Il a juste tort en ce qui concerne de nombreux points en particuliers, et il est même ridicule lorsqu’il affirme que l’invasion de l’ Afghanistan et de l’ Irak ont été entreprises pour le bénéfice des saoudiens.

La seconde partie du dialogue cité plus haut est trompeuse. Le montage laisse apparaître que Kean réfute les déclarations de Bush déclarant que sa coopération avec lui fut extraordinaire. En fait, Kean se plaint, le 9 juillet 2003, que de nombreuses « agences gouvernementales » ( la Justice et la Défense) n’aient pas été coopératives.

Le 8 février 2004, Bush déclare à MSNBC que son administration a apporté une coopération extraordinaire. Alors plutôt que de réfuter les déclarations de Bush, la plainte de Kean a permis, même tardivement, que l’ administration puisse satisfaire les requêtes de la Commission. Kean a ensuite déclaré que la Commission a reçu un accès « sans précédent» à aux dossiers. Frank, Newsday.

John Ashcroft

Deceit 35

Moore se moque du Procureur John Ashcroft en indiquant le fait qu’ Ashcroft ait perdu une élection sénatoriale au Missouri face à un homme mort trois semaines avant l’élection. « Les électeurs ont préféré le mort » dit Moore, délivrant ainsi l’une des phrases où on rit le plus lors des projections.

C’est un peu facile. Lorsque les électeurs du Missouri déposèrent leur bulletin en faveur du mort, Mel Carnahan, ils savaient qu’en réalité ils votaient pour la veuve de Carnahan, Jean, bien vivante elle. Le gouverneur démocrate du Missouri avait fait le serment de nommer Jean à ce poste si Mel l’emportait. McNamee, Chicago Sun-Times.

Lorsque Mel Carnahan était encore en vie, les sondages le montrait d’ailleurs au coude à coude avec Ashcroft.

[Réponse de Moore : Fournit une citation tirée d’un journal : « Le Sénateur John Ashcroft, ce mercredi, a concédé avec bienveillance sa défaite lors de sa campagne de réélection face à feu le gouverneur Mel Carnahan, et recommande à ses amis républicains de ne pas engager de poursuites légales.« Ne précise pas le fait que les électeurs savaient que si ils votaient pour feu Mel Carnahan, sa veuve Jean Carnahan deviendrait leur Sénateur.]

FBI and Department of Justice

Deceits 36-37

Plus mesquin que l’attaque contre le « candidat » Ashcroft : la charge mensongère contre le « Procureur » Ashcroft, disant que celui-ci avait ignoré les avertissements à propos des attaques du 11 septembre.

Après avoir suggéré qu’ Ashcroft ne se sentait pas concerné par le terrorisme avant le 11 septembre, Moore utilise certaines expressions qui surestiment la connaissance « réelle » du dossier Al Qaeda par le FBI et le département de la Justice, AVANT les attaques :

« [Ashcroft] et le FBI savaient, cet été là, qu’il y avait des membres d’ Al Qaeda aux USA et que Bin Laden envoyait ses agents dans des écoles de pilotage à travers tout le pays. Mais le bureau d’Ashcroft au département de la Justice ferma les yeux et se boucha les oreilles. »

Ceci impliquerait une connaissance beaucoup plus importante des activités des écoles de pilotage aux USA qu’elle ne l’est en effet. Comme l'a montré la Commission du 11 septembre, le prétendu « Phoenix mémo » d’un agent du FBI en Arizona suggérant une possible tentative de Bin Laden d’envoyer des agents dans les écoles de pilotage n’a pas tellement circulé au sein du FBI et n’a sûrement pas atteint le bureau d’Ashcroft's :

Son mémo a été expédié à un bureau local. Les responsables de l’unité Osama Bin Laden et des Fondamentalistes Radicaux au siège du FBI étaient aussi destinataires, mais n’ont même pas vu ce mémo avant le 11 Septembre. Aucun responsable du siège ne vit ce mémo avant le 11 Septembre.

Le bureau de New York ne réagit pas. Ce rapport n’a pas été divulgué en dehors du FBI.

Avant le 11 septembre, le bureau du FBI à Minneapolis enquêta lui aussi sur Zacarias Moussaoui, le soi disant 20e pirate de l’air, qui était inscrit dans une école de pilotage dans cette ville. Mais aucun lien avec Al Qaeda ne fut trouvé avant les attaques. Alors, dire que le FBI « connaissait » le plan d’envoyer des agents dans les écoles de pilotage est exagéré.

Brendan Nyhan, « Fahrenheit 9/11: The temperature at which Michael Moore's pants burn, » Spinsanity.org, July 2, 2004.

Moore déclare que Bush « a diminué les budgets du FBI alloués à la lutte contre le terrorisme. » Pas du tout. En 2001, le Département de la Justice opérait avec le budget établi Durant les quatre dernières années de l’ administration Clinton, donc aucune proposition de changement dans l’attribution du budget ne pourrait avoir prévenu contre le 11Septembre. Pour le budget 2002, l’ administration Bush n’a proposé aucunes coupes dans le budget contre-terrorisme du FBI. Les documents qui le prouve sont réunis sur le site web du Center for American Progress, un groupe de réflexion se définissant comme « progressive » qui dénonce avec mordant le fait qu’ Ashcroft n’ait pas accepté (avant le 11 Septembre) de nombreuses propositions du FBI d’ augmenter le budget contre-terroriste. Rejeter une augmentation, ce n’est pas la même chose que de diminuer un budget.

Fahrenheit montre en document mettant en lumière les coupes importantes dans le budget proposées par Ashcroft (dans un mémo du 10 septembre; cf p. 25). Contrairement à ce qu’affirme Fahrenheit, ces coupes n’avait rien à voir avec le budget du FBI. Il s’agissait de permettre aux états d’acheter des équipements. Et comme le détaille le mémo, les fonds pour l’équipement avait déjà reçu, depuis plus de deux ans, de l’argent qui n'avait pas été dépensé, parce que les états ne s’étaient pas encore conformés aux conditions de concession du budget correspondant aux plans de préparation délivré afin de recevoir de l’argent de l’Etat.

On diminua aussi le budget du procureur spécial mis en place pour payer les bureaux du Département de la Justice étudiant le coût des attentats d’ Oklahoma City. Le Sénat avait déjà voté la suppression de ces fonds.

[Réponse de Moore : Cite le « Phoenix Mémo » alertant des entraînements d’al Qaeda dans les écoles d’aviation. N’essaie pas de nier la preuve que ce mémo n’a pas circuler au sein du FBI et n’a pas atteint le bureau d’ Ashcroft. » Cite un article du Chicago Tribune résumant les auditions de la Commission du 11 Septembre dans lesquelles l’ancien directeur du FBI Thomas Pickard déclare qu’Ashcroft lui avait dit qu’il ne voulait plus jamais entendre parler de terrorisme. Omettant les dénégations d’ Ashcroft—ainsi que la possibilité que Pickard essaie d’amenuiser les responsabilités du FBI. Déclare que la Commission du 11 septembre soutient les affirmations de Pickard; En fait, la Commission dit qu’elle ne peut pas déterminer laquelle des deux versions est la bonne. Moore n’essaie pas non plus de defender ses fausses déclarations à propos des coupes dans le budget.]

Rep. Porter Goss

Deceit 38

Alors qu’il défend le Patriot Act, le député Porter Goss dit qu’ un « numéro vert » [Ndt : number 800 ] est mis en place pour les gens qui rencontreraient des problèmes à cause de cette loi. Fahrenheit surajoute alors à l’image une légende disant « Pas vraiment. ». Le numéro de téléphone du bureau de Goss (area code 202) clignote alors à l’écran.

Vous ne l’apprendrait pas dans le film mais le député Goss possède réellement un numéro vert où les plaintes contre l’ USA PATRIOT Act peuvent être enregistrées. Ce numéro appartient à la commission où siege M.Goss : le House Permanent Select Committee on Intelligence. Ce numéro est le (877) 858-9040.

Bien que le numéro de téléphone de la commission soit gratuit, le préfixe n’est pas un « 800, » et Moore exploite ce fait insignifiant pour créer la fausse impression d’un mensonge de Goss.

Selon moi, l’attaque contre le député Goss est la seule erreur factuelle dans cette partie sur le USA PATRIOT Act. Bien qu’il y est quelques bonnes choses dans cet Act, les critiques de Moore sont tout à fait valables. L’ Act contient de nombreuses choses qui se trouvaient depuis longtemps sur la liste de voeux du F.B.I., qui n’ont donc aucuns liens avec la Guerre contre le Terrorisme, et qui furent mises en place grâce qu prétexte du 11 septembre. On peut porter les même critiques à propos de la loi de Clinton, contre le terrorisme, votée au Congrès en 1996.

[Réponse de Moore: Aucune.

Oregon Troopers
Bonus Deceit

Il y a quelques scènes montrant les membres de la police de l’état d’ Oregon [Ndt : Oregon State Police] patrouillant dans les zones côtières de l’état. Les policiers sont présentés comme étant sous équipés et trop peu nombreux pour surveiller une large étendue géographique.

Mais cela n’a rien à voir avec les affirmations de Fahrenheit selon lesquelles l’ administration Bush ne s’investit pas sincèrement dans la protection et dans la sécurité du pays. L’ Oregon State Police est payée par le gouvernement de l’état de l’ Oregon ( qui a souffert d’une grave crise financière). Quelque soit le problème du budget de la police, il est de la responsabilité du gouvernement de l’ Oregon, pas du gouvernement fédéral. L’argument de Moore n’a pas plus de sens que de critiquer le gouvernement de l’état de l’Oregon pour le manque de personnel du FBI à Eugene.

Du reste, la protection des cotes de l’état d’Oregon contre une invasion étrangère n’est pas le travail de la police de cet état. C’est le travail des United States Coast Guard et de l’ United States Navy. Pour la côte Oregon-Washington, les Coast Guard ont 1,287 agents en activité, 459 réservistes, et 1,600 volontaires dans les Coast Guard Auxiliaires.

[Réponse de Moore : Cite un article à propos des diminutions des budgets de l’état d’ Oregon. Continue à ignorer le fait que le budget de la Police de l’état d’Oregon n’est pas du ressort du gouvernement fédéral.]

Major Coalition Partners Ignored

Deceit 47

Q: « Vous vous moquez [Ndt : Et de quelle manière !!!] de la » Coalition of the Willing « en ne montrant que les petits pays qui lui ont apporté leur soutien. Mais vous laissez de côté l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie et la Pologne. Pourquoi ? »

Moore: « Ce film prend volontairement le contre-pied de ce qu’on peut voir dans les autres médias à propos de la coalition. J’essaie de montrer la nature Orwellienne du Grand Mensonge qui fait que lorsque vous entendez ce terme de « coalition », vous avez l’impression que le monde entier est avec nous. »
Patrick Goldstein, « Truth teller or story stretcher? » Los Angeles Times, June 22, 2004.

Si le « Grand Mensonge » est de ne mentionner que les membres puissants et importants de cette Coalition ( comme par exemple le Royaume Uni ou l’Australie ), c’est un aussi « Grand Mensonge » que de n’en mentionner que les membres petits et peu importants.

[Réponse de Moore: Fournit une citation montrant que les petits pays dont se moque Fahrenheit font partie de la Coalition. N’essaie pas de justifier son omission des autres pays.]

[Ndt : Pour plus d’informations sur cette « Coalition of the Willing », vous pouvez visiter le site « Perspectives on World History and Current Events » (PWHCE) ]

Major Gregory Stone and Reservist Peter Damon
Exploitation and Invasion of Privacy

La famille du major de l’U.S. Air Force Gregory Stone fut choquée d’apprendre que les images de la cérémonie funéraire de l’enterrement du major au Arlington National Cemetery avait été inclus par Michael Moore dans « Fahrenheit 9/11. »

Le Maj. Stone fut tué en mars 2003 par une grenade qui, selon les officiels, fut jeté dans sa tente par le Sergent Hasan K. Akbar, aujourd’hui jugé pour meurtre.

« Ce fut un grand choc, et nous ne sommes pas très heureux de ça, c’est peu de le dire, » dit Kandi Gallagher, la tante du Major Stone, porte-parole de la famille, à la journaliste du Washington Times Audrey Hudson.

« Nous sommes furieux que Greg soit dans son cercueil et ne puisse pas se défendre, et ma sœur, la mère de Greg, est hors d’elle, » dit Miss Gallagher. « Elle est furieuse. Elle le [Ndt: Moore] traite d’ « asticot mangeur de cadavre’’ ».

Le film, décrit par les critiques comme de la propagande en période électorale, montre des images de l’enterrement Maj. Stone où l’on peut voir sa fiancée, Tammie Eslinger, embrassant sa main et la posant sur le cercueil. [Ndt : cf la photo que je vous présente. mea Culpa, je n’ai pas non plus demander l’autorisation de la famille …]

La famille ne sait toujours pas comment Moore a pu obtenir cette vidéo. Miss Gallagher ajoute qu’aucune autorisation n’a été donnée et qu’ils étaient en train d’étudier les recours légaux.

Elle décrit son neveu comme étant un « véritable républicain « et qu’il aurait sans doute trouver ce film « infect ».

« Je suis sure qu’il aurait eu quelques mots bien sentis pour Michael Moore, » dit elle. « Michael Moore aurait eu bien du mal à obtenir un verre d’eau chez nous s’ il mourrait de soif … »
John McCaslin, « Inside the Beltway, » Washington Times, July 13, 2004.

Le Sgt. Stone a été tué dans son sommeil par un soldat américain de confession musulmane qui a jeté une grenade dans sa tente.

Fahrenheit présente une interview au Walter Reed Army Medical Center avec Peter Damon, membre de la Garde Nationale du Massachusetts. Damon a perdu des parties de ses deux bras en Irak, et apprend à se servir de prothèses de bras. Ces images proviennent d’une interview donnée par Damon au NBC Nightly News. La femme de Damon affirme qu’[ il n'a jamais donner l'autorisation à Moore d’utiliser ces images, qu’on ne lui a d’ailleurs jamais demandé, et proteste violemment contre l’utilisation de son image dans ce film. Il n’est pas clairement établi que l’utilisation de ces images par Moore soit illégale. Mais il ne semble pas très éthique pour un réalisateur qui dédie son film aux soldats en Irak de montrer un vétéran doublement amputé sans même lui demander la permission. Damon se plaint en ces termes : « Tout le film tend à montrer les soldats comme un groupe d’idiot … Je ne suis pas un gosse. Je suis allé là bas de mon propre chef … Tout cela n’a tenu qu’à moi. Je n’apprécie pas le fait qu’il nous appelle « des enfants » … Je suis 100% d’accord avec le président. Et beaucoup de types à Walter Reed ressentent la même chose que moi. »

Media Attitudes

Deceit 48

Dans une montage de clips très partial, Moore présente l’ idée ( absurde ) que les principaux présentateurs de journaux télévisés—Peter Jennings, Dan Rather, et Ted Koppel—ont de tout coeur apporté leur soutien à Bush et à la guerre en Irak … Moore oublie-t-il l’entretien très courtois d’une heure entre Saddam et Rather juste avant la guerre, ou les reportages condescendant de Jennings …? Schlussel. [Ndt : Debbie Schlussel, commentatrice politique de tendance conservatrice. Articles particulièrement réussis ici et .

On voit Jennings dans une émission affirmant que « l’opposition irakienne s’est volatilisée face à la puissance américaine. » Jennings ne fait là que rapporter un fait avéré, placé à côté d’une carte qui montre que l’armée de Saddam s’est partout effondrée, et que toutes les villes irakiennes étaient entre les mains de la Coalition. Malgré les dires de Moore, Jennings s’est fortement opposé à la libération de l’ Irak. (Tim Graham, « Peter’s Peace Platoon. ABC’s Crusade Against ‘Arrogant’ American Power, » Media Research Center, March 18, 2003.)

[Ndt : il suffit d’aller faire un tour sur les bons sites pour se rendre compte assez rapidement que Jennings est un farouche opposant à l’intervention en Irak !]

[Réponse de Moore : Aucune.]

Abuse of Iraqi Captives

Deceit 49

Bien avant la sortie de Fahrenheit, Moore avait affirmé qu’il possédait des vidéos de tortures de prisonniers irakiens. Pour le public, cela ressemblerait apparemment à un autre Abu Ghraib. Moore lui dit, « Vous avez pu voir ce matin les premières images de tortures et d’humiliations de prisonniers irakiens. » Fahrenheit affirme : « Un comportement immoral donne naissance à des comportements immoraux. Quand un Président commet l’acte immoral d’envoyer des bons gamins dans une guerre basée sur un mensonge, voilà ce que ça donne. »

La réalité fut tout autre, comme l’a montré le Globe and Mail de Toronto :

Il fut révélé qu’une photo montrant des soldats américains semblant profaner un corps placé sous une couverture est en vérité un faux. En fait, les soldats avaient ramassé dans la rue un vieil homme ivre mort et ils se moquaient de son érection trop visible, même cachée par une couverture.
Ça n’est en effet pas très respectueux de se moquer d’un ivrogne mort dans la rue. Mais ce genre de plaisanterie n’a rien à voir avec les abus sexuels perpétrés à Abu Ghraib. Tout autour du monde, les représentants de la loi se moquent des ivrognes comateux.

Bien entendu, ces « moqueries » sont des abus de pouvoir. (Bien qu’il s’agisse ici d’un abus de pouvoir bien inoffensif, la victime ne pouvant entendre les mots irrespectueux...) Insulter un ivrogne qui ne peut pas vous entendre, ça n’est pas la même chose que de torturer une victime consciente. Et de telles insultes ne sont pas la conséquence du fait d’avoir » envoyer des bons gamins dans une guerre basée sur un mensonge »; elles résultent tout simplement du fait que les représentants de la loi sur toute la planète doivent ramasser dans les rues des ivrognes en coma éthylique, et que parfois ils se moquent d’eux.

[ Réponse de Moore: Aucune.]


Deceits 50-59. En anglais, ici.

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